Culture / Actualités

300e numéro de l’émission “Yidhwen Sethmazighth”

Un grand pas, en attendant mieux !

Une surcharge émotionnelle pour une récupération socioculturelle qui ressuscite une multitude d’actes de courage et de bravoure de nombreux chanteurs, poètes et autres personnages de culture, patriotes-révolutionnaires…, oubliés ou ignorés. Il aura suffi de six années au Dr Hadj Arab Lakhdar pour réhabiliter la culture berbère sous ses divers vecteurs à travers son émission “Ydhwen Sethmazighth”, diffusée en kabyle sur les plateaux de la Radio régionale de Tiaret depuis le 29 juin 2012, dont le 300e numéro a été dispensé aux auditeurs vendredi, avec des invités de marque présents sur le plateau. Avec entrain et réalisme, Dr Hadj Arab, parlant sur les trois temps, à savoir passé, présent et avenir, a consacré, durant l’itinéraire de l’émission, plusieurs numéros aux artistes, chanteurs et poètes ayant marqué la première, deuxième et troisième générations, à l’instar de Taos Amrouche, Cherifa, Cheikh El-Hasnaoui, Cherif Kheddam, Slimane Azem, Mohamed Iguerbouchen, Mohamed Benhahafi, Cheikh Mohand Oulhocine, Si Moh Ou Mhand, Youcef Oukaci..., comme il n’a pas manqué de nous égayer avec ce travail de repérage portant sur la littérature, notamment sur le patrimoine autobiographique des pionniers de la littérature amazigh, à savoir Saïd Boulifa, Bélaid Athali, Mouloud Maâmeri, Kateb Yacine, Mohamed Tazrout (auteur d’une vingtaine de livres, méconnus en Algérie, entre autres L’Algérie de demain édité en 1930, Histoire politique de l’Afrique du Nord, publié en 1961, Manifeste contre le racisme publié également en 1961, Le capitalisme mondial du XIVe siècle à nos jours, publié en 1958, La foi religieuse du Proche-Orient, en 1956…), Rachid Alliche, auteur du premier roman en tamazight… Plus qu’un travail de reconnaissance, Dr Hadj Arab s’est toujours penché sur  la recherche d’informations pour l'accomplissement d'une carte du terroir culturel de Tiaret et de l’Algérie, constituée de concessions, de traditions et d’autres richesses. Nonobstant, dans sa feuille de route, il n’a pas omis de toucher aux us et coutumes, à la santé, à l’éducation et scolarité des enfants et aux diverses occasions religieuses, sociales et politiques qui seraient d’actualité. Dans la foulée, il a toujours mis en relief le terroir historique du pays en inscrivant plusieurs numéros relatifs à l’histoire, tels que le mouvement national, le rôle de la radio durant la guerre de libération, la manifestation du 11 Décembre 1960, etc. Pour lui, “la communication est fondamentalement un processus par lequel s'établit une relation avec un individu ou des collectivités”. Aujourd’hui, sachant que la radio constitue un outil riche de possibilités et de capacités pour contribuer au développement et à l'enrichissement de la vie socioéconomique et culturelle de la société, comme le soutient à chaque fois Dr Hadj Arab, il est suggéré aux responsables concernés de penser à la révision du volume horaire de cette émission et une éventuelle diffusion en direct ainsi qu’à sa programmation dans la mesure où l’horaire maintenu, vendredi de 9 h à 10 h, ne permet pas à tous les auditeurs d’être à l’écoute. Par ailleurs, on ne peut conclure sans laisser un passage autobiographique sur le personnage de l’auteur de cette émission qui compte, dans son agenda, plusieurs projets comme cette vision historique sur les amis de l’Algérie durant l’ère coloniale.
Rappelons que Dr Hadj Arab Lakhdar, PES et  enseignant en génie chimique à l’université Ibn-Khaldoun de Tiaret, est l’auteur de deux publications techniques éditées par l’Office national des publications scolaires (ONPS).

R. SALEM