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Culture / Culture

Projection d’“El Jaïda”, dernier long métrage de Selma Baccar

Un hymne à la femme tunisienne

Connue pour ses engagements politiques (vice- présidente de la Commission constituante des droits et liberté en Tunisie), Selma Baccar vient de sortir son quatrième long-métrage El Jaïda. À travers ce drame historique, la réalisatrice rappelle les souffrances, les injustices et les  inégalités à l’encontre des tunisiennes dans les années 50. Considérée comme la “propriété” de leurs maris, la gent féminine à cette époque ne devait en aucun cas perturber et attiser la colère des hommes, et ce, au risque de se retrouver à “Dar El-Joud”. Cet établissement, une sorte de maison de redressement ou de correction, sert à “mâter” les femmes pour être plus obéissante. Projeté lors de la dernière journée du Festival d’Annaba du film méditerranéen (21 au 27 mars), la salle du théâtre régional a connu une grande affluence du public qui, faut-il le rappeler était plutôt timide durant les premiers jours du FAFM. Nous sommes à huit mois de l’indépendance de la Tunisie (entre 1954-1955), Baccar raconte l’histoire de quatre femmes que tout oppose (classe sociale) mais qui finissent par partager la même destinée : un séjour à “Dar El-Joud”. À travers les tranches de vie de ces personnages Bahdja, Hassaina, et Leila, la réalisatrice évoque toutes les femmes : trahie, battue, violée, brimée… À travers un décor superbe et réaliste et des costumes d’époque, Baccar a réussi à reconstituer cette époque où l’avenir de la Tunisienne dépendait de l’humeur du qadi perdu entre les courant hanafite et malakite. La trame vacille entre quatre tranches de vies : la fille légère, la femme trompée, celle de “bonne famille” et la maltraitée par sa belle-mère. Chacune son vécu. Chacune d’entre elles porte sa croix et tente de s’affirmer malgré les obstacles dans une société machiste. Dans son œuvre, la réalisatrice a tenté de dénoncer la cruauté par laquelle sont passées ces femmes, notamment de cette liberté arrachée. Malheureusement, au fil de la trame, on se perd et nous sommes partagés entre les différentes histoires. “Dar El- Djoud” devient secondaire, alors qu’il représentait l’endroit de l’enfermement, le “point culminant” de ce film… Présente à Annaba, la comédienne Fatma Ben Saïdane qui a campé le rôle de la geôlière a indiqué lors du débat à l’issue de la projection sur le statut de la femme tunisienne que “ce film d’époque revient sur la période d’avant l’institution du statut de la femme, on peut dire aussi qu’il est très récent puisque le combat continue. Car ce n’est pas encore acquis sur les inégalités entre les hommes et les femmes”. Dans son intervention, elle est aussi revenue sur le combat de Selma Baccar au Parlement, pour la réforme de la Constitution pour les libertés individuelles des femmes. D’ailleurs, ce film a été réalisé  pour que nul n’oublie “ce que la femme tunisienne a vécu. Et nous refusons de revivre cela. C’est pour démontrer à la nouvelle génération qu’il faut évoluer et aller de l’avant. Aussi de continuer de nous battre pour nos droits”, a-t-elle soutenu.


H. M.


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