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A la une / Culture

Présentation du “Voyage de Keltoum “ et “De l’autre côté du miroir” aux RCB

Un hymne aux “orphelins des deux rives”

Keltoum et Louise vivent en France, d’origine algérienne toutes les deux, partagent les mêmes sentiments ; celui de l’abandon, de la souffrance et quelque part celui du déracinement. Le premier personnage a été imaginé par le réalisateur Anis Djaâd dans son film Le voyage de Keltoum, et le second est tiré de l’œuvre L’autre côté du miroir de Rim Laredj. Ces deux courts-métrages ont été présentés  à la cinémathèque de Béjaïa dans le cadre des rencontres cinématographiques. Cette 15e édition qui se déroule depuis le 9 septembre, et sera clôturée demain, fait le bonheur des cinéphiles et professionnels du 7e art. Organisées par l’association Project Heurt’s, une équipe de jeunes très dynamiques et passionnés, ils ont réussi au fil de ces dernières années à réconcilier le public avec le cinéma. Tout au long de ces journées, des personnes de tous les âges venues des différentes communes de la wilaya, ou alors de Tizi Ouzou, Alger, Jijel… sont présentes pour regarder des films, débattre avec les réalisateurs à l’issue des projections, ou tout simplement pour prendre des selfies avec leurs artistes préférés. Cette manifestation unique en son genre en Algérie grâce aux films présentés (réalisés à petits budgets, dans le cadre d’ateliers…), et qui ne sont pas montrés ailleurs, loin du commercial et des blockbusters, ces œuvres questionnent, et parlent à chacun de nous. On se retrouve dans les personnages, loin d’être des super-héros, à travers leur fragilité, leurs déchirures, tout simplement à travers leurs histoires de gens lambda. Cela a été le cas avec les courts-métrages de Djaâd et Laredj. Dans Le voyage de Keltoum (Il a reçu en 2015 plusieurs prix dans des festivals internationaux), cette dernière bosse depuis 30 ans comme infirmière dans un hôpital parisien. Sa sœur, sur son lit de mort, lui demande une dernière faveur : partir en Algérie pour se recueillir sur la tombe de sa mère. Une situation qui met Keltoum dans la gêne. Comment faire pour payer le billet d’avion ? Abandonnée par son mari et son fils, car elle a préféré se tuer à la tâche dans ce pays, tout en délaissant son rôle d’épouse et de mère, Keltoum doit trouver une alternative pour réaliser le souhait de sa sœur… Le réalisateur pose sa caméra à travers cette fiction sur une réalité sociale, celle des émigrés en France ou ailleurs. Ces émigrés peinent à joindre les deux bouts malgré leur intégration. Ils sont “coincés” dans le pays d’adoption comme dans une prison. Dans Le voyage de Keltoum, Anis Djaâd est sorti des clichés qu’on nous sert habituellement sur cette tranche de la société. Bien au contraire, il a dépeint à travers ce court-métrage de 23 mn, avec aisance toute la souffrance de ces binationaux déracinés malgré leur volonté.
Concernant De l’autre côté du miroir, de Rym Laredj, la réalisatrice évoque une autre réalité celle de ces “enfants orphelins des deux rives”. Après des années d’absence, Louise convoque son père “pour un ultime tête-à- tête”. Un huis clos où deux générations se confrontent, s’aiment, se haïssent et finissent pas se rencontrer. Ce regard poétique sur la France et l’Algérie, cette double identité de l’héroïne, et pour le raconter la réalisatrice a mis en scène une dispute intérieure d’une fille avec son père (campé par le comédien Ahmed Benaïssa). L’héroïne est en colère, elle en veut à ce père absent.
Face à cet homme, elle extériorise ses peines, ses maux… Comme dans un cabinet de psy, elle se dévoile et laisse exploser ses ressentiments, notamment, cette double identité étrangère pour elle. Pour les intéressés, les RCB se déroulent jusqu’à vendredi, la clôture sera marquée par la projection des Moutons et des hommes, de Karim Sayad.


H. M.

 


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