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Culture / Culture

“Ce drôle de môme. L’enfant autiste” du Pr houria Chafaï-Salhi

Un plaidoyer pour les parents

Dans le cadre du Café littéraire de Béjaïa, la pédopsychiatre, le Pr Houria Chafaï-Salhi, a animé, hier, au TRB, une rencontre autour de son livre Ce drôle de môme… (L’enfant autiste). L’ouvrage, paru en septembre 2018 chez Koukou Éditions, était à l’origine un travail de thèse, esquissé mais en vain faute d’avoir trouvé un directeur de thèse. Aussi, le carton dans lequel elle avait fini par ranger ce qu’elle avait cumulé comme dossiers, fiches de lecture sur le sujet, pour entamer une autre thèse, plus générale, voire consensuelle, celle de faire de l’asile de “Joinville” à Blida une école de formation de psychiatres dès-aliénistes, qui s’est mué ensuite en CHU. C’était sous la direction de feu, le Pr Iloul, “à qui je rends aujourd’hui un vibrant hommage”. Après sa retraite, suivie d’un déménagement, elle a retrouvé le carton où elle avait exhumé son passionnant travail de thèse pour en restituer de façon narrative ses rencontres avec des enfants autistes et leurs parents.
Pourtant, si elle s’était intéressée au sujet à l’instar de certains de ses collègues, c’est parce qu’elle avait assisté, ulcérée, au rapatriement d’enfants souffrant de handicaps dont des autistes, de France et de Belgique. Nous sommes au milieu des années 1980, l’Algérie faisait face à une crise en raison de la baisse des prix des hydrocarbures. Ces enfants, dénoncera-t-elle, ont vécu un double drame. Ils ont été arrachés à leurs parents, à leur milieu pour aller se faire soigner notamment en France. Des sommes astronomiques ont été payées, qui auraient pu être investies localement dans la formation au lieu de faire le bonheur des cliniques privées françaises. D’ailleurs, beaucoup d’entre elles avaient fini par mettre la clef sous le paillasson tellement la rente s’était tarie. Une situation qui continue à la scandaliser encore aujourd’hui alors que l’on aurait pu former des générations de médecins pour faire face à ces maladies.
Son récit, le Pr Houria Chafaï-Salhi, qui ne veut pas écrire d’ouvrage académique, mais plutôt “une formulation narrative émaillée de digressions”, le voulait comme un hommage, un plaidoyer aux parents, qui galèrent beaucoup surtout les mères, qui se sont beaucoup culpabilisées.
Sachant notamment que dans un passé récent, les psychanalystes, réputés, avaient développé que l’enfant devient autiste à cause du comportement des mères. Car quand il est petit, il n’y a que la mère qui peut s’en rendre compte. Le fait que l’enfant regarde dans le vide, qu’il ne tète pas le sein de sa mère comme ses autres frères et sœurs. Cela a entraîné, expliquera la pédopsychiatre, un comportement. D’où la frustration et de l’enfant et de la mère, qui culpabilise car vivant cela comme un échec personnel. Pour elle, il faut être très clinicien pour comprendre les symptômes.
Occasion pour elle de déplorer une espèce de mode, à savoir ces médecins généralistes, qui ont tendance, selon elle, à diagnostiquer l’autisme alors qu’il peut s’agir d’une dépression ou d’un traumatisme, avec lesquels on peut développer des comportements autistes. Idem pour l’hyperactivité, considérée à tort, comme de l’autisme. C’est la raison pour laquelle elle a plaidé à la fois pour la scolarisation des enfants autistes dans des écoles. Et c’est à l’école de s’adapter et à trouver des solutions. C’est d’ailleurs bon pour les autres enfants. C’est une forme d’éducation à la différence, au respect des uns et des autres. Car à travers le jeu, on peut cerner l’intérêt de l’enfant autiste. Et il n’y a pas d’enfants autistes heureux. Ils se recroquevillent sur eux-mêmes par peur et par crainte, explique le Pr Chafaï-Sahli.


M. Ouyougoute

 


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