Scroll To Top
FLASH
  • La demande de remise en liberté provisoire de Louisa Hanoune rejetée par le tribunal militaire de Blida.

Culture / Culture

Exposition collective “Émergence” au palais des Raïs

Un regard neuf sur l’art contemporain

L’une des œuvres exposées au Bastion 23 © L’une des œuvres exposées au Bastion 23

L’ouast-eddar de la douéra 17 est enjolivé de l’illustration d’Asma Noui qui symbolise l’image d’un corsaire amputé de ses bras qu’il a dû perdre lors de l’assaut dit bord à bord contre les brigantins en mer. Et depuis, l’âme tourmentée du boucanier vole d’un “bruit naïf” au-dessus de la s’qifa de la maison du pêcheur sise à l’extrémité du corridor du palais des raïs.
Estropié de ses bras, l’âme en “papier mâché” tournoie en quête de l’insouciance où elle songe à s’adosser tout contre la légèreté de l’être. Vues ainsi du foqani (palier supérieur), les plaintes de l’âme en “sons” et de “notes” s’échappent du stah (terrasse) pour se perdre au-delà de l’horizon de la plage de R’mila (Sablette).
Muet au motif que “les grandes douleurs sont muettes” (Hippolyte de Sénèque), l’esprit du pirate est logé là, sur les ordres du raïs Omar Meziani, qui tient le timonier du chebek de l’exposition qui bat pavillon “Émergence”.
Pour rappel, la frégate du beau a accosté depuis le 2 mars au bas de la fortification de la batterie rouge du Bastion 23.
Décodé, l’objectif d’Émergence symbolise “l’éveil de l’innocent coup d’œil de huit créateurs en fin d’études à l’École supérieure des beaux-arts d’Alger qui ont éclot au cœur du bouquet de tons qui verdoient le pré de la création”. Et lorsque le vécu s’ajoute à l’apprentissage de fourmillantes techniques, cela se dénoue sur l’éclosion du beau où se décrypte le clair-obscur de la controverse et aussi le doute qui suppose aussi l’espoir. Ceci dit, l’expédition porte dans sa cale le “regard pluridisciplinaire peinture, photographie, dessin et sculpture sur l’art contemporain”. Est-ce de l’élégance dissimulée autour d’un mot d’ordre ou c’est peut-être le conseil de l’artiste à l’adresse du visiteur pour qu’il hume ce bol d’air de la liberté qui souffle en ce moment du grand large.
Enfin, qu’il soit l’un ou l’autre, Émergence n’est en fait que la scène d’une liberté artistique et émergente qui donne ainsi le ton à cette foire d'art contemporain si débordante de l’élan juvénile. En ce sens, l’œil s’épanouie de l’“illusion d’optique” du chien de chasse de Mohamed Merzouk dit “Mohic” et le corps de “l’homme claqué” et de “la Femme craquée” de Célia Mohamed Nacer. Autre plaisir, le verre de l’amitié qu’offre Douaa Belmadani à la saveur du “vin de l’assassin” sur la table sainte de Charles Baudelaire (1821-1867). S’agissant de “l’air” de l’univers de l’étrange, Mahrez Si Saber présente l’élixir de “l’eau et du feu” alors que Samah Ould Arab s’inspire du zelidj-bhidj de Dar Abdeltif pour immortaliser le lever et le coucher du soleil sur ses toiles Sky et Earth. D’où l’envie de croire à “l’espoir” mais pas “dans un chaos lumineux” de Rafik Kerkouche. Outre cela, il y a de l’innovation avec le pop art et l’aspect flashy d’Amina Zelaci, alors que l’émotion se lit dans l’abstrait qui trouve ainsi sa liberté grâce à Mohamed El-Amine Allali. Et si vous êtes en quête d’un “refuge”, sachez que la porte bleue de Fouad Yahiaoui est entrebâillée vers le mystère, et ce, jusqu’à la fin du mois en cours.


Louhal Nourreddine

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER