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A la une / Culture

“Mes cousins des Amériques” d’Arezki Metref

Un road-trip littéraire pour redécouvrir ses origines

© D.R.

De San Francisco, berceau des beatniks, en passant par Las Vegas, “la ville sans horloges”, ou encore Québec, le journaliste et auteur Arezki Metref nous délivre, dans son dernier ouvrage Mes cousins des Amériques, paru cet été aux éditions Koukou, ses pérégrinations d’outre-Atlantique. Effectuée entre 2015 et 2016 sur les sols américain et canadien, cette “odyssée” anthropologique et littéraire nous fait découvrir un Metref sous un angle différent. Adolescent, l’auteur – et comme la majorité de cette jeunesse – se découvre une attraction particulière pour les USA, perçus comme l’antre du diable en cette période postindépendantiste où le socialisme anti-impérialiste fut roi. Crinière à la  Bob Dylan, pantalon pattes d’éléphant et “vareuse militaire achetée au surplus américain d’El-Harrach”, le futur journaliste rêvait “honteusement” de San Francisco, berceau des mouvements hippie et beatniks. Une admiration nourrie de lectures réprimées, à l’image de Steinbeck, London, Kerouac ou encore Ginsberg. Au fil des chapitres, 14 en tout, nous apparaît en filigrane le choc des cultures que vit le journaliste. Aux États-Unis, tout est XXL, éléphantesque, tandis que chez nous, ou même ailleurs dans le monde, les proportions sont nettement inférieures. Cela va du simple café aux autoroutes et échangeurs, en passant par les voitures aux dimensions extravagantes. Passés les premiers ébahissements que tout voyageur manifeste lors d’une première visite, notre écrivain-nomade s’intéresse au parcours de ces Algériens installés outre-Atlantique pour arracher leur part du rêve américain.
Si certains ont fui la décennie noire, comme le cousin de l’auteur Amine, Dahmane Dahmani, un ami de l’humoriste Fellag et “cicérone” du journaliste, s’est installé depuis plusieurs décennies au pays de l’oncle Sam, après de brillantes études en Algérie. Malgré ce road-trip à l’américaine, avec Mercedes E350 décapotable, fréquentes pauses “Starbucks” et vues imprenables sur le célèbre Golden Bridge de San Francisco, les compagnons de route de Metref se retrouvent à parler d’Alger, de ses quartiers, de sa population et de sa chaleur. Après sa rencontre avec les membres de l’association AAA-NC (Algerian Amercain Association Northen California), Metref avouera n’avoir jamais eu de tels échanges avec ces Algériens bien dans leur peau, à la fois sereins et respectueux.
Franchie la frontière de l’État du Nevada, il se rend à Las Vegas, temple de l’argent, de la démesure et du tape-à-l’œil. L’écrivain est frappé par l’atmosphère de la ville, pourtant créée par des mormons rigoristes. C’est dire que le temps “s’est fait allié du diable” comme l’écrira-t-il. Le Québec, autre terre d’accueil des Algériens, n’a pas été en reste dans ce périple effectué, cependant, une année après son voyage aux USA. Il y découvre des expatriés en totale harmonie avec leur environnement, impliqués dans la vie sociale, économique et culturelle de la ville. Au Barbès parisien, Metref découvre le quartier de Jean-Talon, comme le suggérera-t-il, où une impressionnante communauté maghrébine s’est formée au fil du temps. Parmi elle, Saïd et Hacène, ses amis d’enfance du quartier des Eucalyptus à Alger, que le hasard pour le premier et les études pour le second ont amenés. À l’issue de cette rencontre, il dira avoir eu “l’impression de rattraper en accéléré tout le temps durant lequel on ne s’était pas vus. Nous évoquerons l’enfance et la jeunesse, avec un brin de nostalgie”.  
Après la Belle Province, la grosse pomme est l’autre terre d’accueil éphémère du journaliste, qui découvre, à l’inverse de la “cool-attitude” des Californiens et Québécois, le rythme frénétique de New York, où les gens se croisent sans se regarder. 48 heures pour visiter tout New York, c’est peu, mais entraîné par son guide Mustapha, Metref se plaît au jeu du touriste. Apollo Theater, Wall Street, Harlem ou encore  la rivière de l’Hudson, qui font remonter à la surface des souvenirs de lectures, gravés dans les “Chroniques” de Bob Dylan.


Yasmine Azzouz


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