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Culture / Culture

“Les Saisons mortes” de l’écrivain IRIS

Un voyage entre deux âges, entre deux rives

Paris, l’exil et le pays qu’il a quitté continuent d’habiter les œuvres d’Iris, de son vrai nom Mohand-Lyazid Chibout, qui vient de signer un nouveau roman sous le titre Les saisons mortes, publié en France chez les éditions Spinelle. Et cette fois, l’auteur va à la rencontre d’un homme, Ilès, “coincé entre deux âges, le corps et l’âme séparés”. Ilès, c’est un peu l’auteur ; l’auteur, c’est un peu Ilès qui, en souhaitant devenir maître de son destin, le voici dépendant de ce qui le dépassait : la vie, ses aléas, ses canevas. Le personnage de Les saisons mortes part à la conquête d’un monde qui n’existe pas, les pas guidés par le hasard et la tête tourmentée par les pensées nauséabondes. En évoquant la place de la femme algérienne dans la société, Iris écrit en la soutenant tout en étant à ses côtés : “Il est là, propulsé, le fruit des contagions des corps et des nuits solitaires quand le langage physique prône sur tout en témoignant son savoir par la pulsion et l’acte. Lui, l’héritier des droits conçus dans l’illettrisme, l’ignorance et la frustration ; et elle, la génisse attelée que consument les devoirs et l’analphabétisme”. “Lui, il cherche à maintenir son existence par l’autorité et les pratiques soldatesques ; et elle, naïve, elle s’incline en associant le sacré à l’innocuité de sa doctrine. Lui, il abuse de ce silence soutenu par les dogmes et façonné à sa manière ; et elle, docile et effacée, elle s’exprime par la tristesse et la passivité en devenant une pâte à pétrir loin de l’âme à chérir. Lui, dans l’effervescence de l’insane, il s’érige en patriarche ; et elle, dans la mollesse de ses desseins, elle s’éduque en femelle”. Et on assiste à l’assouvissement des désirs égoïstes aux confins de l’asservissement et du détachement. Répondant à leurs tropismes élémentaires, le jour, ils se détruisent, et la nuit, ils s’inventent. Ainsi se renouvellent leurs éphémères refuges auxiliaires pour le bien-être de soi donnant des ombres continuelles à autrui. L’obstination liée à l’obligation, l’obligation à la soumission, la soumission à la dépravation, la dépravation à l’enfantement, et de cette parturition, s’émerge et s’étale la période puerpérale associant une mort sous-jacente vivant en filigrane dans une vie endeuillée supportant un corps qui n’est pas le sien et un autre contraire à ses goûts. Le premier, forcé à naître, est d’avance voué à l’échec, et le second, livré au chimérique, s’interroge comment aimer et vivre afin de parvenir à un bonheur permis, louable et durable. (...)”. En demeurant complice de ce qui le préoccupait intérieurement, et pour se consoler, Iris, dans la peau d’un ascète, relativise ses goûts en leur donnant la saveur de sa petite enfance, de la nostalgie des lieux et des traditions restées inentamées et vierges durant aux confins de sa Kabylie natale. Ce va-et-vient entre Paris et sa Kabylie, entre ses racines et ses errances dans Paris, visible le jour et tangible le soir, emmène son lecteur au-delà des frontières de l’intime et de la psychologie de l’être confus. Libéré de sa négativité en échappant à de nombreuses habitudes physiques et mentales, et de ses efforts conscients en compagnie de Jenny, l’amour rencontré sur son chemin, le voici complice de cette lumière du jour ayant succédé aux ténèbres de ses nuits. “Les résidus subsistaient tout de même au fil des jours qui passaient, car la transposition et la transition étaient finalement un basculement sans conséquence d’une réalité dans une autre réalité. Cela ne sert à rien, en somme, de feindre sur la philosophie de la vie et du point d’interrogation planté majestueusement dans notre conscience, car d’une nouvelle habitude naîtra une autre habitude, et de cette dernière, de nouveaux schémas mentaux referont surface à leur tour”, conclut-il.


Lyès Menacer


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