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Culture / Culture

Musée de l’OGEBC de Aïn Témouchent

Une banque de données pour les chercheurs en paléontologie

Le musée de Aïn Témouchent est composé de quatre vitrines consacrées à la paléontologie et à la préhistoire.

La ville de Aïn Témouchent est riche par son histoire, grâce aux différentes époques et civilisations l’ayant marquée, notamment celles préhistoriques, atériennes et ibéromaurusiennes, la civilisation libyco-punique avec le comptoir de l’île de Rachgoun et Siga, la civilisation romaine avec Albulae, comme capitale de province, et la civilisation islamique avec Arechgoul comme port en relation avec l’Andalousie. Belkeddar Zoheir, guide des musées de l’OGEBC (Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés) de Aïn Témouchent, nous a accompagné à travers les quatre vitrines de la salle consacrée à la paléontologie et à la préhistoire. Ces vitrines racontent l’histoire des êtres vivants depuis l’apparition des premières espèces animales et végétales et leur évolution dans les temps géologiques. La première vitrine est réservée à l’ère primaire connue par l’ère des poissons, car la vie animale était surtout sous-marine. La seconde vitrine consacrée à l’ère secondaire très célèbre par l’apparition des dinosaures. La 3e vitrine réservée à l’ère tertiaire est très intéressante à plus d’un titre étant donné que la plupart de ces animaux ont été recueillis dans la carrière de cimenterie de Béni Saf et la falaise du port de Bouzedjar. Enfin, la 4e vitrine présente l’apparition de l’homme dont “l’homme de Tighennif (Mascara)” connu aussi sous l’appellation de l’homme de l’Atlas, qui a vu l’apparition des premières industries, des premières technologies notamment le paléolithique inférieur. “On voit que l’homme a diversifié ses outils, avec des lames, des grattoirs, des pointes de flèches dans une époque où l’homme subsistait grâce à la chasse et à la cueillette. Et donc, c’est à ce moment-là qu’il a commencé à se sédentariser et à former le premier village. C’est l’époque où l’homme a inventé aussi l’art, notamment les gravures et les peintures rupestres (des bijoux et des parures faits avec les œufs d’autruche).” Chaque année, Mme Cheid Saoudi, docteur en paléontologie à l’Institut d’archéologie d’Alger, vient faire des fouilles à Aïn Kihal où se trouve un site très important du nom de Arjet Essabone. “Comme notre région est volcanique, ces derniers sont datés par les géologues, donc quand on trouve des animaux on a la date presque absolue. Nous avons retrouvé l’échantillon d’un éléphant, une sorte de mammouth qui vivait dans la région de Aïn Témouchent, découvert à Aïn Tolba par un fellah. Cette salle c’est beaucoup plus une salle pédagogique, parce que nous avons des objets qui nous viennent du Sahara, de Belgique, de France, du Maroc, etc.”, nous apprendra M. Belkeddar. Il est important de rappeler que la wilaya de Aïn Témouchent compte deux sites protégés à l’échelle nationale, celui de Siga et celui du mausolée royal de Béni Ghanem. Un troisième site important figure sur la liste de classement, c’est l’île de Rachgoun, un comptoir phénicien du VIIe siècle avant Jésus-Christ. Il est considéré comme l’un des plus anciens comptoirs fondés par les Carthaginois, car il occupait un endroit stratégique, face à l’embouchure de la Tafna, jadis un fleuve navigable.
“Ça leur permettait de remonter le fleuve, de faire des échanges avec les autochtones par le troc. Nous avons des échantillons de l’époque qu’on a pu identifier, à savoir une amphore grecque, une autre portugaise et une amphore du sud de l’Espagne avec l’écriture punique (phénicienne). Nous avons aussi la magna qui est une amphore célèbre très utilisée à l’époque. Les amphores sont utilisées pour le stockage de la marchandise, surtout les liquides – vin, huile, sauce de poisson (le garome), les produits non périssables, les dattes… Mais ce qui intéressait les Phéniciens c’étaient surtout les métaux précieux comme l’or, l’argent, le cuivre, les peaux d’animaux, parce qu’ils avaient des industries à Carthage pour les transformer en produits manufacturés (bijoux, armes, etc.)”, nous révélera notre guide.

Aïn Témouchent, un carrefour commercial
À cette époque-là, la région de Aïn Témouchent, notamment Siga et Rachgoun, était déjà connectée au commerce international et cette diversité amphorique prouve qu’il y avait une dynamique commerciale dans la ville. Siga Takembrit était aussi un site très important comme capitale du royaume massaessyle à partir du IIe siècle avant J.-C. “Nous avons fait une chronologie générale destinée aux étudiants de tous les évènements dont celui de 206 avant J.-C. qui a connu une guerre entre Carthaginois et le roi Syphax qui avait un rôle dans cette guerre où il a reçu les deux généraux des deux belligérants Scipion, le général des armées romaines, et Hasdrubal, le général des armées carthaginoises. Ils sont venus le même jour à Siga avec la tenue d’une conférence internationale où les trois chefs d’État se sont réunis pour discuter  de guerre ou de paix”, nous fera savoir M. Belkeddar, qui précisera que le roi Syphax n’a pas pu jouer son rôle d’arbitre, surtout à cause de l’entêtement des Romains qui étaient en position de force, contrairement à Hasdrubal qui a accepté lorsque Scipion aura fait cette fameuse déclaration lourde de sens : “Moi je suis mandaté par le Sénat pour faire la guerre.” Sur un autre registre, M. Belkeddar nous renseignera sur la carte des routes romaines de l’Afrique du Nord où Aïn Témouchent était un carrefour qui faisait la liaison entre l’Est et l’Ouest et une jonction avec l’arrière-pays par Hammam Bou-Hadjar en passant par Aghbal pour aller vers Berrouaghia. “On a trouvé beaucoup d’objets industriels, des meules à grains par exemple qui prouvent que Aïn Témouchent était une ville prospère sur le plan économique.” Enfin, le dernier espace de la salle de l’OGEBC que nous avons visité est réservé à la numismatique qui a pour objet l'étude des monnaies et médailles.
Considérée comme une science auxiliaire de l'histoire, elle est particulièrement utile dans les recherches en histoire antique (notamment romaine ou grecque). “Nous avons des pièces importantes numides du roi Syphax avec ses deux variantes, la plus ancienne pièce frappée par les Numides”, conclura notre guide.

 


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