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A la une / Culture

Présentation du spectacle “Tous en scène” à l’Opéra d’Alger

Une belle expression corporelle pour dire la laideur du monde actuel

Scène du spectacle El-Hijra. © Bendris-Oulebsir/Liberté

Le public a pu découvrir, mercredi, le dernier spectacle de danse El-Hijra de Faïza Mammeri, chorégraphe et directrice de l’académie des arts Profil. Durant 45 mn, à travers un travail scénique du corps, accompagné de chants modernes, de musiques classiques et d’arrière-plan photographique, il a été question des migrants.

On ne peut pas dire qu’il y avait un rush aux portes de l’opéra d’Alger Boualem-Bessaïah en cette belle soirée du 29 septembre, mais à l’intérieur de ce haut-lieu culturel, il y avait du beau monde. Un monde qui fait plaisir à voir, car ce sont surtout des familles accompagnées de leurs enfants venues assister à un spectacle de danse contemporaine, ou pour certaines d’entre elles, venues encourager leur enfant qui était lui-même danseur dans cette belle chorégraphie adaptée sur scène. Car ils étaient ce soir-là “Tous en scène”, dans une belle harmonie qui a débuté avec les petits bouts de chou de l’école académique Profil de Mme Faïza Mammeri qui tient, comme à son habitude, à associer les enfants à handicap qui font montre comme toujours d’une joie indescriptible et d’une fierté ressentie à chacune de leurs représentations scéniques. Tout contents de leur prestation, ces enfants trisomiques, souvent marginalisés par une société indifférente à leur besoin de vivre une vie “normale”, sont pris en charge par l’école d’art dans le souci de les intégrer eux et leur famille dans un mode de vie ordinaire où la culture et l’art devraient avoir toute leur part. C’est l’un des objectifs de la directrice de l’école, elle-même chorégraphe et pédagogue qui veut faire de son établissement une référence et de son art corporel une manière de sensibiliser la société aux drames du monde et aux fléaux qui le guettent, s’ils ne l’ont pas déjà englouti. Après un charmant passage du petit chaperon rouge, de sa grand-mère et du méchant loup, le tout très innocemment interprété par de très jeunes ballerines, pour le grand bonheur des lecteurs des contes universels – une manière aussi de sensibiliser les enfants à la lecture – , le spectacle donné ensuite El-Hijra a été témoin de cette volonté de dire le monde et de dénoncer ses travers. Ainsi, par un travail scénique du corps, accompagné de chants modernes, de musiques classiques et d’arrière-plan photographique, il a été question des migrants. De comment une famille se retrouve du jour au lendemain démunie, menacée, obligée de quitter son pays natal et de chercher refuge dans une terre inconnue, d’aller trouver asile sous d’autres cieux qui souvent ne sont pas aussi cléments qu’ils le paraissaient de loin. Obligés de faire comme les autres et de fuir, d’aller vers ces étrangers qui ne comprennent rien à votre terreur, qui n’ont aucune sensibilité face à votre angoisse, qui vous tournent le dos, vous ferment leur porte au nez, et pis encore, vous laissent chavirer, puis sombrer au loin dans l’océan…
Ce soir-là, à l’Opéra d’Alger, de jeunes danseurs enthousiastes et prometteurs ont voulu donner à voir cette laideur du monde des migrants par un beau spectacle où leur corps parlait et leur regard exprimait tout le désarroi de cette misère du monde que l’art, par sa sensibilité, s’accorde comme mission de dénoncer. À la fin du spectacle, les prix du Concours national de dessin ont été remis aux petits lauréats Mehdi, Redouane, Roumeissa et Sarah, sautant de joie et tout fiers de leur exploit…


Samira Bendris-Oulebsir


 


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