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Culture / Actualités

25e model Maghreb-Orient des livres de paris

Une faible participation algérienne

L’Hôtel de ville de Paris vient de fermer ses portes après trois journées (8-9-10 février) bien chargées du Maghreb-Orient du livre (Model 2019). Une manifestation livresque qui en est à sa 25e édition pour ce qui est des publications et auteurs du Maghreb, organisée par l’association Coup de soleil, et à sa 2e édition pour ce qui est du Moyen-Orient, volet pris en charge par l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo). Comme à son habitude, ce fut l’occasion de belles rencontres entre auteurs et lecteurs, de passionnants débats autour de thématiques d’actualité tels que “Djihad et Occident” ; “Renouveau du cinéma au Maghreb”, “Ecrire en exil” ; “Résister par l’écriture” ; “Migrations en Méditerranée : l’Europe en quête d’humanité” ; “Femmes du Maghreb : quels droits à l’héritage ?” ; “(Dés)intégrations” ou encore “Maghreb : femmes en action”. Ce fut aussi l’occasion de séances-dédicaces en présence de 150 auteurs invités à signer durant une heure de temps leurs nouveautés, dont certains sont également conviés à animer des tables rondes et des débats comme nos auteurs Mustapha Benfodil, Yahia Belaskri, Ahmed Bedjaoui, Amin Zaoui, Kamel Daoud ou encore Boualem Sansal, tout en échangeant avec leurs lecteurs fans ou tout simplement des visiteurs qui les découvrent pour la première fois. Ce qui fait la force de ce Salon du livre et de ses organisateurs qui continuent à faire vivre ce rendez-vous livresque incontournable depuis un quart de siècle déjà, qui a lieu dans un endroit somptueux et magnifique mais qui semble s’essouffler un peu faute de moyens financiers, de sponsors solides, mais surtout en raison d’un manque de plus en plus visible et flagrant de vis-à-vis maghrébins (organismes nationaux ou entités privés) susceptibles de soutenir cette manifestation concrètement en étant plus offensifs sur le plan organisationnel et plus concernés sur le plan logistique. Sur cette question épineuse, beaucoup s’est dit sur cette absence de structure qualifiée pour faciliter la circulation du livre et des éditeurs, déjà entre pays du Maghreb, et que dire quand il s’agit d’Europe, en France ou ailleurs… Comment et quand les États du Maghreb en général et l’Algérie en particulier penseront à structurer sérieusement le secteur du livre de façon à éliminer ces handicaps qui empêchent ce produit culturel de se faire connaître entre pays limitrophes, puis en dépassant les frontières ? Pourquoi les éditeurs ne sont pas aidés dans un secteur qui devient de plus en plus difficile à faire vivre ? Y a-t-il une réelle politique du livre qui vise à améliorer son statut et à le faire connaître hors frontières ? À voir le peu de livres et d’éditeurs du Maghreb présents à ce Model 2019 dont l’espace dédié à la vente est surtout une grande librairie locale où il n’y en a que pour la production livresque française, la réponse est toute donnée et tout porte à croire que le livre maghrébin — et surtout algérien – disparaîtra sous peu de ce salon, alors que l’intérêt des habitués au rendez-vous est bien là et est plus que visible dans ces salles pleines à craquer dès qu’il s’agit de l’Algérie !


S. B.-O.

 


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