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Culture / Culture

ÉVOCATION : MERZOUKI CHERIF

Une palette bien auressienne

23e anniversaire de la disparition de Merzouki Chérif. ©D. R.

Un chasseur de lumière et de couleurs, un photographe et artiste peintre nous a quittés trop tôt, un peu comme le printemps des Aurès, éphémère. Mais tellement beau et bariolé comme Chérif savait le reproduire à notre grand plaisir.

Il est parti un mois d’avril de l’année 1992. Pourtant, c’est la période et les instants qu’il attendait le plus pour ses longs périples à travers les Aurès à la recherche d’une texture, d’une lumière, d’un lever ou d’un coucher du jour, d’un instant propice…
Peut-être celui où le berger sort avec son troupeau tôt le matin à Amentane, son village natal, et sa muse surtout. Un chasseur de lumière et de couleurs, un photographe et artiste peintre nous a quittés trop tôt, un peu comme le printemps des Aurès, éphémère, mais tellement beau et bariolé comme Chérif savait le reproduire à notre grand plaisir. Merzouki Chérif, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était un élève de l’École des beaux-arts de Constantine, mais aussi de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger où il a poursuivi ses études pour décrocher son diplôme en 1974. En réalité, ce n’est pas entre les quatre murs des ateliers des écoles artistiques qu’il a appris à dessiner ou peindre mais bien avant cela.
“L’enfant Chérif avait un dada comme beaucoup de sa génération : la bande dessinée de l’époque (Blek le roc, Zembla, Kiwi et bien d’autres…) lui étaient beaucoup plus proches que ses livres et carnets scolaires”, nous disait avec le sourire son frère Saïd. Certes, il aimait ces histoires, ces héros, mais en plus il les reproduisait le plus fidèlement possible. Ses amis de l’époque étaient aussi étonnés qu’admiratifs devant une telle fidélité de reproductions. Ils s’en souviennent jusqu'à nos jours. Son passage en 1969 par l’École des beaux-arts de Constantine ou encore ses études un peu plus tard à l’École supérieure des beaux-arts d’Alger semble être un bonus où le jeune peintre Merzouki avait appris les différentes techniques de dessin et de peinture, un peu de l’histoire de l’art, pour le reste, le talent et le génie, ça ne s’apprend pas. Et ce n’est pas ce qui lui manquait ! De retour à Batna en 1987, il avait occupé le poste d’animateur de l’atelier de dessin à la Maison de la culture de Batna. Et c’est dans ce même atelier que beaucoup de peintres ont fait leur premiers pas : Adel Abdssmed, Hacène Amraoui, Yahia Malek, Farid Chachoua et bien d’autres encore qui ont trouvé dans l’atelier de l’artiste une atmosphère propice, un climat où d’autres artistes de la génération de Merzouki venaient débattre de l’art et de la peinture, les Boughrara, Houara, Belakh, Mennoubi, Demagh… etc. Car, à l’époque, on parlait de Batna comme la capitale des arts plastiques. L’adepte de Rembrandt, Goya, Dinet, ne tarda pas à couper le cordon pour se faire son propre chemin, sa touche et son style. “Ce n’est pas la matière, disait-il, elle est là, il s’agit juste de savoir regarder autour de soi. Il parlait bien évidemment des Aurès, ne cherchons pas loin ce que nous avons au creux de la main.” D’ailleurs, Merzouki Chérif répétait souvent : “Le tournesol c’est bien beau, un radeau aussi mais pourquoi pas une chaumière auressienne, un métier à tisser de chez nous”. Il a pris part à plusieurs expositions aussi bien individuelles que collectives, à l’exemple de celle de Souk Ahras à l’occasion du Salon des arts plastiques où il a décroché le premier prix. Il a également réalisé la couverture du premier livre consacré aux Aurès sous le titre En flânant dans les Aurès.  Ses œuvres Le Berger, La Fête, Bataille, Amendahne, etc... ont marqué toute une génération. Le réalisateur Rachid Ben Brahim lui a consacré un documentaire où d’autres artistes peintres ont pris part. Il était pour beaucoup dans l’ouverture de l’annexe des Beaux-Arts à Batna, qui est de nos jours une École régionale. Un hommage à la hauteur de cet artiste est impératif.

R. H.


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