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Culture / Culture

“Fière Kabylie” de Djamal Arezki

Une pause-souvenir auprès de l’âtre de notre enfance

L’auteur originaire de Tazmalt y feuillette dans sa mémoire, la compilation de sept récits, entre autres l’histoire de “Mahdouk et Mahboul” qu’il a traduit lui-même de tamazight vers la langue française.

Que ce soit près du poêle à l’école ou près du kanoun, il y avait une tranche de vie pour le conte, où le rêve s’esquissait sur les couvertures de nos livres de fables.
À commencer par le conte de “Cendrillon” des frères Jacob Ludwig Karl Grimm (1785-1863) et Wilhelm Carl Grimm (1786-1859) ainsi que “Les habits neufs de l'empereur” de Hans Christian Andersen (1805-1875), d’où la voix de l’innocence fusa de la foule : “Mais il n’a pas d’habit du tout !” qui engendra depuis, l’expression : “Le roi est nu !” Et quand vient le soir, on allait au rendez-vous près de l’âtre de nos chaumières, où tendre grand-mère nous contait les mésaventures du malheureux “Mhan Uccen” le chacal et le malicieux “Boumghar” le hérisson qui s’en sort tout le temps victorieux, eu égard au récit : “Comment et pourquoi le chacal se fait avoir deux fois de suite ?”, qui a tant de similitude avec “Le lièvre et la tortue” (1668) des Fables de Jean de La Fontaine (1621-1695). Imaginatif qu’elle était, mais néanmoins poétique, sa narratrice de maman devait s’esclaffait à l’idée d’aider le hérisson à leurrer le plus adroit des animaux. Intemporel, le conte irrigue l’enfance d’un message éducatif ou moral, à l’instar du legs d’historiettes de tendre mère qu’elle nous a légué à l’oralité. À ce sujet, Ibn Khaldoun disait : “Les Berbères, racontent un si grand nombre d'histoires que, si on se donnait la peine de les mettre par écrit, on remplirait des volumes.” C’est ce qu’il a fait l’anthropologue Djamal Arezki, qui a compilé dans son recueil de contes, légendes, cosmogonie et intitulé “Fière Kabylie” (tamazight-français), les fourberies de “Settoute, la mégère” qui a plus d’une entourloupette à son baluchon “D’une mère méchante et ingrate”. Conté dans le style narratif qu’il a emprunté à sa maman, l’auteur originaire de Tazmalt y feuillette dans sa mémoire, la compilation de sept récits, entre autres l’histoire de “Mahdouk et Mahboul” qu’il a traduit lui-même de tamazight vers la langue française qu’il a rédigé dans le strict respect des règles usuelles en vigueur en tamazight. Réfutant l’ellipse, mais généreux dans l’écrit, l’auteur de “Akal d wawal”,  crée l’illusion dans l’imaginaire féerique du lecteur qui s’en va en compagnie de “l’épicurien flambeur” à la rencontre du démon noir qui hante “L’effroyable montagne noire”.  En ce sens, l’anxiété du clair-obscur de l’image des “Sept ogres” s’esquisse dans le fictionnel du lecteur et s’unit à l’épouvante suave du suspense. D’où cet arrêt sur l’image qui guide la princesse joueuse de flûte qui charma les lièvres éparpillés dans le pré. C’est ainsi qu’on y retrouve l’allusion à la légende du “Joueur de flûte de Hamelin” (Allemagne) des frères Grimm, où le coauteur de “Mohand Saïd Amlikech des Ath Sidi Ali Ou Abdellah (poète et résistant (1812-1877) emmène nos contes du terroir vers l’universalité. Donc, et au-delà de l’intention du sauvegarde du conte, Djamal Arezki à  Parcelliser son ouvrage en deux parties, dont les contes fabuleux ainsi que les légendes inhérentes aux dits des animaux”, peut-ont lire en avant-propos.  Autre régal, Yennayer n’est pas en reste, puisqu’il y a “Anzar” et “L’emprunt de la chèvre ou pourquoi le mois de janvier à 31 jours”. Difficile donc de s’arracher aux feuillets de “Fière Kabylie”, qui semble être l’idéale antidote contre le tactile qui arrache l’enfant à sa famille.


Louhal Nourreddine


“Fière Kabylie” de Djamel Arezki,  éditions, Tafat, 2017, 192 pages – 500DA


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