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Culture / Culture

2es journées internationales de philosophie d’Alger

Une tribune pour le questionnement et la réflexion

©D. R.

Cette 2e édition a vu la participation de différents conférenciers qui ont questionné et débattu autour du Beau dans le domaine de l’art et de l’architecture, les 11 et 12 mars derniers, à l’Institut français d’Alger.

Architectes, artistes, philosophes ont tenté dans leurs interventions d’apporter des réponses, et  de pousser l’assistance à s’interroger et à débattre sur le “Beau”. Un terme si commun, mais qui reste l’un des plus complexes. Cette notion du beau dans la maison, dans la rue, dans l’art…, l’homme le perçoit différemment et pense qu’il est subjectif. Afin d’apporter un nouveau regard sur ce terme, les 2es Journées internationales de philosophie d’Alger ont inscrit la thématique de cette édition sous le thème du “Beau”. Abritées par l’Institut français d’Alger (IFA), les 11 et 12 mars derniers, plusieurs conférences ont été données par des intervenants sous des angles différents.    
Cet événement, consacré à la philosophie, est le premier du genre en Algérie, à cet effet, l’initiatrice de ces journées, l’auteure, islamologue et philosophe Razika Adnani, est revenue dans son allocution, lors de l’ouverture de cette manifestation samedi dernier, sur l’objectif de ces rencontres. “Pourquoi la philosophie ? Parce que donner à la philosophie une place au sein de la société s’impose aujourd’hui plus que jamais. Nous vivons une époque ou l’être humain est interpellé par des questions profondes”, a-t-elle indiqué. Et de renchérir : “Celle de la paix dans un monde où les guerres déchirent les peuples. Celle de la meilleure manière d’entretenir avec l’autre, notamment en ces temps où les conditions économiques, politiques et climatiques favorisent le déplacement massive des populations qui font que nous vivons et vivrons dans des sociétés multiculturelles.”  L’auteure a appuyé son discours en rappelant que “nous ne pouvons pas nous passer des analyses que peut nous offrir la philosophie. Les Algériens qui ne sont pas en retrait de ces questions, eux aussi, ont besoin de philosophie et de ces analyses. Seulement ce que sous-entend la philosophie ce n’est pas seulement des positions que nous adoptons face à des questionnements. La philosophie est avant tout une attitude, un esprit, une façon d’être que notre comportement interprète”.  Cette “attitude philosophique”, selon Razika Adnani, s’appuie sur deux points essentiels : le questionnement et l’argumentation. “Le premier consiste à nous remettre en question, à interroger nos opinions, à ne jamais regarder une idée sous un seul aspect”, a-t-elle signalé. Quant à la deuxième, elle consiste à ne pas “exposer son idée sans l’argumenter, mais surtout à utiliser l’argumentation comme seul moyen pour répandre ses idées, autrement dit ne pas imposer ses idées par la violence”. Dans les ateliers pour enfants initiés dans le cadre de ces journées, elle a expliqué : “L’objectif n’est certainement pas d’apprendre aux enfants les grandes théories philosophiques mais de leur inculquer cette attitude philosophique nécessaire et indispensable dans toute bonne relation avec autrui.”
Après avoir opté pour le thème d’“Autrui” dans la première édition, l’islamologue a informé avoir choisi “Le beau” pour cette édition car “ce thème s’introduit et s’implante profondément dans l’histoire de la philosophie et spécialement dans l’histoire de la philosophie de l’art”. D’ailleurs, tous les philosophes de la “Grèce antique à nos jours, se sont interrogés à son sujet, notamment l’art dans le domaine du beau”. À ce sujet, elle a rappelé que “si aujourd’hui, l’art moderne veut s’en détacher, l’art fait partie intégrante de l’existence humaine, toutes les civilisations ont utilisé l’art et le beau comme moyen d’expression”. En effet, l’art touche au domaine de l’architecture, de la poésie, de la musique, de la peinture, de la sculpture… et le sens esthétique “s’introduit même dans la relation que les individus entretiennent avec leur univers. La réalité nous oblige aujourd’hui à interroger le beau : pourquoi fait-il défaut dans notre réalité ? Pourquoi la laideur l’emporte souvent sur la dimension esthétique des objets qui nous entourent ?” a-t-elle conclu.
Une programmation éclectique pour interroger le Beau Au menu de ces Journées internationales de philosophie d’Alger, diverses rencontres animées par des personnalités exerçant dans des domaines variés, qui, a priori n’ont pas de liens avec la philosophie, comme cela était le cas dans le communiqué de Youcef Chennaoui, directeur de recherches à l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger, (Epau), qui a abordé le sujet de la “Venustas (beauté) en architecture. Où en est-elle en Algérie aujourd’hui ?”.  
En réalité le conférencier a démontré au public que le beau détient une grande place dans l’architecture, car elle repose sur une combinaison harmonieuse et équilibrée : “Solidité, commodité et beauté.”
Afin d’expliquer cette combinaison, M. Chennaoui a donné un petit “cours pédagogique” sur la chronologie de l’architecture depuis l’époque grecque jusqu’à nos jours. Par ailleurs, ces journées ont été également ponctuées par des interventions sur “Peut-on encore parler du beau en art ?” par Rachida Triki,  professeur en philosophie à l’université de Tunis ; “Le jugement esthétique est-il l’expression d’un sentiment ‘privé’ ou une construction d’une connaissance conceptualisable ?” par Rachid Dahdouh, docteur en philosophie et enseignant universitaire ; “Le beau ou l’exigence pratique ?” par Razika Adnani, et une table ronde sur la thématique : “Le sens esthétique est-il culturel ?”. Ces Journées internationales de philosophie d’Alger ont démontré que la philosophie a une grande place dans notre société, afin de questionner les choses qui nous entourent et élargir nos esprits parfois si “étroits”.

Hana Menasria


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