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Culture / Culture

“Brahim Izri, le troubadour des temps modernes”, de Abdelkrim Tazaroute

Une vie de passion et de défis

© D. R.

L’écrivain Abdelkrim Tazaroute rend, encore une fois à travers sa belle plume, un hommage à l’un des pontes de la musique kabyle. Après celui rendu à l’enfant de Yemma Gouraya, feu Djamel Allem, qui avait d’ailleurs lui-même demandé à son ami d’écrire sa biographie, Tazaroute consacre de nouveau sa plume à un autre artiste de la Kabylie et pas des moindres, Brahim Izri. À travers cet ouvrage, intitulé Brahim Izri, le troubadour des temps modernes (éditions Rafar), l’auteur nous convie à un voyage dans le temps et l’espace, pour mieux comprendre l’homme et l’artiste qu’était l’interprète de Yidhem. 

Ce retour aux sources, qui mènera l’auteur à Ath Yenni, le berceau spirituel et artistique d’Izri, où son grand-père Hadj Belkacem tenait une zaouïa, mais aussi un haut lieu de la résistance contre la colonisation française, nous en apprend davantage sur l’homme et sa conception de la vie. En effet, raconte l’auteur, “la zaouïa d’El-Hadj Belkacem a occupé une place importante dans la vie et le parcours artistique de Brahim Izri. Elle l’a inspiré et l’a guidé sa vie durant. Elle a constitué pour lui le repère nécessaire, le guide et le protecteur”. Encouragé par son grand-père, qui vouait lui-même une passion pour les instruments musicaux qu’il introduisait dans les chants religieux de sa zaouïa, Izri commence à jouer du violon à l’âge de 7 ans. 

Au lycée, c’est avec deux camarades qu’il créa son premier groupe, Igudar. Le succès arrive rapidement, notamment avec la chanson Chthedouyi, que le jeune Idir reprendra d’ailleurs dans son premier album A Vava Inouva. Parler d’Izri, c’est aussi parler de la césure qu’il a opérée dans la chanson kabyle, lui qui “exècre emprunter les sentiers battus”, et qui affiche sans détours et en toutes circonstances “des positions à contre-courant”. Par ailleurs, dans le sillage du renouveau de la chanson kabyle initié par Cherif Kheddam ou encore Djamel Allem, Izri reprend en kabyle, dans les années 1980, la chanson  Une maison bleue de Maxime Le Forestier.  Dans ce contexte aussi, se dessinent les contours d’une chanson kabyle engagée, l’art se révèle être alors “un moyen efficace pour faire avancer la cause identitaire”. De Ferhat Imazighen Imoula, en passant par Inasliyen, Tagrawla, Igudar, les Abranis ou encore Ali Ideflawen, une nouvelle génération voit le jour.

Durant la même décennie, “les groupes et chanteurs kabyles” sont black-listés par des responsables et organismes de spectacles. “Mettre un frein à l’évolution de la chanson kabyle et à ses chanteurs, très actifs pourtant, était une décision politique”, reprend Tazaroute. Beaucoup d’artistes prennent le chemin de l’exil, mais il aura fallu attendre l’avènement d’octobre 1988 pour qu’enfin cette “seconde génération d’auteurs, compositeurs et interprètes kabyle soit reconnue”. Plus loin, ce sont ses compagnons de route qui rendent hommage à l’homme qu’il était. “Brahim était un excellent musicien, il a apporté un plus à la chanson kabyle et à la musique algérienne”, se rappelle le compositeur Bazou.

 

Yasmine Azzouz
Abdelkrim Tazaroute, Brahim Izri, le troubadour des temps modernes, éditions Rafar
119 pages. 2019, 1000 DA.  


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