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A la une / Des Gens et des Faits

Un cœur brisé

27e partie


Résumé : Mourad raconte son enfance et les malheurs qu’il avait subis après le décès de sa mère. Son vieux père se remaria, puis sera atteint d’une paraplégie. Sa belle-mère le sommera alors de s’occuper de lui.

 

Il soupire et poursuit :
-Je devais faire sa toilette, le faire manger, l’aider à se mettre au lit ou sur la chaise roulante, et partager ses nuits. Mon père était conscient, mais avait perdu l’usage de la parole. Il communiquait avec moi par des gestes et se désolait de voir que son épouse le délaissait, alors que j’avais des examens à préparer. Je tentais de le rassurer en lui promettant d’être auprès de lui et de ne jamais l’abandonner. Et ce sera le cas durant de longues
années.
-Combien d’années ?
-Douze années.
-Douze années ! C’était aussi long que ça ?
-Hélas, oui ! Mon père était robuste. Avec la rééducation, il avait pu récupérer plus ou moins l’usage d’une jambe et pouvait circuler dans la maison à l’aide d’un déambulateur. Par contre, il ne pouvait manger seul. À chaque fois qu’il tentait de le faire, il renversait le contenu de son assiette sur lui et se mettait à pleurer. Cette vision me torture encore.
Il secoue la tête.
-Je suis arrivé au point de lui souhaiter la mort pour le délivrer de cette situation. Je savais qu’il souffrait. Non seulement de son état physique, mais de l’ingratitude et du mépris de son épouse, qui menait une vie tapageuse, sans se préoccupait du reste. Il avait compris aussi le degré de mes tourments passés et regrettait amèrement de s’être laissé dominer par cette femme sans scrupules.
-Ensuite que s’est-il passé ?
-Une fois mon bac en poche, je me suis inscrit à l’université. Mes sœurs venaient régulièrement à la maison et me remplaçaient auprès de mon père lorsque j’étais en période d’examen. Cela dura le temps de mes études universitaires. Une fois mon diplôme en poche, je me suis mis à chercher du boulot. Mais c’était aussi compter sans mes obligations envers mon père. La boîte qui avait répondu favorablement à ma quête d’emploi ne pouvait tolérer mes absences et mes arrivées en retard. Je devais me lever aux aurores pour m’occuper de mon père, avant de penser à me rendre à mon travail, et le plus souvent je revenais vers la mi-journée pour le faire manger et lui donner ses médicaments. Un jour, une scène éclatera à ce sujet entre ma belle-mère et moi. Je lui reprochais de négliger son mari et d’afficher un air indifférent lorsqu’il la sollicitait.
Elle me répliquera que j’étais son fils et qu’il attendait davantage de moi. Je travaillais. J’avais des horaires à respecter. Mais elle n’en avait cure.
Souvent, elle désertait la maison et le laissait livré à lui-même des heures durant. Une fois, des voisins me rapportèrent qu’elle avait été même jusqu’à le sermonner et à lui souhaiter la mort.
Ils avaient tout entendu par les fenêtres du salon, qu’on gardait ouvertes lorsqu’il faisait chaud, pour aérer la maison.
C’était la goutte qui fait déborder le vase. Je contacte Mustapha, mon frère aîné, et lui demande s’il pouvait prendre mon père chez lui durant quelques jours.


(À  SUIVRE)
Y. H.

 



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