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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

43e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Hizia est subjuguée par sa nouvelle demeure. La villa était un véritable paradis. Elle se met à courir à travers le jardin et ne cesse de s’émerveiller devant tant de luxe… Les deux sœurs et la grand-mère gardaient plutôt les pieds sur terre…

Les rares moments où on leur permettait de sortir était au printemps, lorsque les quelques femmes qui habitaient le village organisaient la fête saisonnière et se permettaient une petite balade en plein air, ou lorsqu’une voisine les invitait pour un évènement familial. Zineb et Houria n’avaient jamais mis les pieds dans une grande ville, et depuis leur descente du bus, elles n’avaient cessé de jeter des coups d’œil apeurés, et curieux, à tout ce qui les entourait...
Ma mère revient vers elles :
-Venez les filles. Désormais nous sommes chez-nous dans cette belle bâtisse. Nous allons rentrer avec le pied droit afin de conjurer le mauvais œil. N’est-ce pas ma Hadda… ?
Ma grand-mère s’accroche à mon bras. Elle était fatiguée et n’aspirait qu’à se reposer.
Je l’aide à monter les marches d’escalier et ouvrit tout grands les battants de la grande porte en bois massif, avant de la conduire à travers le hall, puis au salon, où je l’installe dans un fauteuil. Elle se laisse aller contre le dossier, et ferme les yeux, heureuse de pouvoir enfin étendre ses vieilles jambes.
Ma mère et les filles ne cessaient de courir dans tous les sens. Elles ouvrirent les nombreuses portes du rez-de-chaussée, caressèrent les meubles, fouillèrent les placards, admirèrent le mobilier…
Ma mère découvre l’escalier au bout du couloir, et monte au premier étage. Je la suis et lui montre les nombreuses chambres et les salles de bain... Elle prend tout de suite l’initiative de s’installer dans la grande chambre à coucher, puis se mettra à farfouiller dans les commodes et le dressing… Les tenues de la défunte épouse de Aoued lui plurent, et elle décide de prendre un bain dans l’immédiat, avant d’endosser une jolie robe d’intérieur, qui ma foi, lui allait à ravir.
Hizia, ma mère, était une belle femme. Avec sa grande taille, son teint brun et ses yeux noisette, elle ne pouvait
passer inaperçu… Cependant, et par manque de moyens, elle ne pouvait se mettre en valeur. Maintenant, elle pouvait donner libre court à sa coquetterie. Nous étions riches et possédions tout ce dont pouvait rêver une famille aussi dépourvue que la nôtre.
À sa sortie de la salle de bain, ma mère sentait bon le shampooing et le savon. Une fois habillée, elle s’était permise quelques gouttes de parfum. À sa vue, mon père  se met à rire avant de lancer :
-Ma foi Hizia, tu ressembles à ces jolies femmes qu’on voit sur les journaux...
Ma mère lui jette un regard plein de reproches :
-Tu regardes les femmes dans les journaux… ?
Un peu embarrassé, il toussote :
-Pas exactement… Je… Je les vois au souk, lorsque les jeunes bergers exhibent leur découverte…
Puis, ne voulant pas trop s’attarder sur le sujet, il prend quelques billets dans la poche de sa veste et me le tendit :
-Saad… Tu vas sortir nous acheter quelque chose à manger.
-Heu… Je vais acheter des légumes et de la viande et mère pourra préparer un bon dîner…

(À  SUIVRE) Y. H.


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