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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

44e partie

Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Hizia et ses filles partent à la découverte de leur nouvelle demeure. Hizia prend un bain et s’habille d’une jolie robe. Ameur propose à son fils d’aller faire quelques courses afin que sa mère prépare le dîner.

Ma mère fronce les sourcils :
-Je ne vais rien faire ce soir. Je suis bien trop fatiguée. Et puis je n’ai pas encore visité toute la maison…
Soudain elle se rappelle de ses deux filles et sursaute :
-Où sont donc passées Zineb et
Houria ?…
Je m’empresse de la rassurer :
-Elles sont montées dans leur chambre.
-Leur chambre !?
-Oui. Elle ont choisi une chambre à deux lits, et se sont installées. Tu y vois un inconvénient maman ?
-Non. Mais. Et ta grand-mère ?
-Elle s’est endormie dans son fauteuil au salon. Il va falloir la réveiller et lui désigner une chambre à elle aussi !
Ma mère reprend son assurance :
-Dès demain, je mettrai de l’ordre dans notre manière de vivre. Nous allons, bien entendu, devoir nous adapter à la vie citadine…
-Alors. Que veux-tu que je ramène pour le dîner ?
Elle me sourit :
-Pour ce soir, ramène ce que tu veux. Cependant n’oublie pas d’acheter du café. Cela fait longtemps que j’en ai oublié jusqu’à son odeur.
Quelques jours passent. Nous nous sommes adaptés tant bien que mal à notre nouvelle vie. Je m’étais inscrit dans un lycée non loin du centre-ville, et en attendant la rentrée, je m’adonnais à ma passion favorite : la lecture. Yahia était venu nous rendre visite et nous avait présenté sa femme Nashida. Cette dernière sympathisa rapidement avec ma mère et lui a appris rapidement à utiliser les appareils électroménagers qui se trouvaient dans la cuisine, puis comment faire marcher la machine à laver, entretenir la cuisinière et le frigidaire, etc.
Ma mère assimilait vite ses leçons. Elle était déjà métamorphosée et embellissait de jour en jour.  Mes sœurs, suivant les conseils de notre nouvelle amie, étaient sorties faire des emplettes, et avaient acheté de nouvelles tenues. Je les avais inscrites dans une école privée, où elles devraient suivre des cours accélérés pour apprendre à lire et à écrire.
 Ma mère les rejoindra quelques semaines plus tard. Elle aussi voulait s’initier au savoir. Découvrant la ville et les citadines, elle voulait rattraper le temps perdu.
Pour cela, et par les soins de Nashida, elle s’était coupé et teint les cheveux, avait appris à se maquiller et à porter des vêtements chics et couteux, puisés bien sûr dans la réserve de Mme Aoued.
Au bout de quelques semaines, tout le voisinage nous connaissait. Nous étions la famille de l’ancien propriétaire, venue du Sud pour s’installer dans la villa.
Le notaire entre-temps avait pu débloquer tous les comptes bancaires du cousin et les avait transférés au nom de mon père. La fortune de notre bienfaiteur se chiffrait à des milliards, sans compter les rentes mensuelles générées par la gestion des magasins et la location des appartements. Nous étions définitivement à l’abri du besoin et la vie nous souriait. Yahia, devenu un grand ami de la famille, nous rendait souvent visite et nous aidait dans la gestion de la villa et l’entretien du jardin… Il avait engagé un jardinier, qui s’occupait des espaces verts et des arbres fruitiers.
L’argent donnant des ailes, et pour faire comme les voisines, ma mère avait engagé une bonne à tout faire et ne s’occupait désormais que de sa petite personne.

(À  SUIVRE) Y. H.



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