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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

45e partie

Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Saad et sa famille s’adaptèrent tant bien que mal à leur nouvelle vie. Ses sœurs et sa mère s’initièrent à l’instruction et apprirent à se mettre en valeur. Désormais tout le voisinage les connaissait…

Seule ma grand-mère n’avait pas changé sa façon de vivre.
Elle restait enfermée dans sa chambre, cardait sa laine ou maniait son fuseau.
-Pourquoi changer de vie ? me demande-t-elle, lorsque je lui proposais de sortir ou d’accompagner les filles au hammam.
-Eh bien grand-mère, tu devrais te payer du bon temps toi aussi et profiter de cette aubaine que nous offre la vie.
Elle arrête de manier son fuseau et prend mon bras :
-Mon fils… J’ai toujours mené une vie calme et loin du tapage des grandes villes. Pour être sincère, je n’aime pas trop ce qui nous arrive. Ta mère a mordu à l’hameçon et a été contaminée par la folie des grandeurs. Elle ne cesse de courir les magasins et les instituts de beauté, pour dépenser un argent durement gagné par Aoued…
Je demeure un moment sans voix… C’est vrai…Nous nous sommes enlisés dans notre nouvelle vie, sans nous demander comment le cousin avait fait pour ériger toute cette fortune, lui qui avait quitté la tribu sans un sou dans la poche.
-Heu… Grand-mère, comment Aoued a-t-il pu devenir aussi riche ?
Elle sourit, découvrant ses gencives édentées :
-Elle est bonne ta question. Toi au moins tu as pensé à la poser.
-Je t’assure grand-mère que j’aimerais en connaître davantage sur lui.
Elle garde le silence quelques secondes, puis consentit à répondre :
-Aoued était un enfant intelligent et plein de vie. Il avait rejoint la grande ville pour suivre des études, puis s’y était installé.
Nous n’avons plus reçu de ses nouvelles.
Cependant, ton père avait reçu une lettre, qu’il avait fait lire par un de ces commerçants ambulants qui s’arrêtaient de temps à autre au village.
-Que disait donc cette lettre ?
Le mobile de Saad se met à sonner. Il arrête de parler et décroche :
-Ah ! … Oui… Adem va mieux ? Comment se fait-il que tu sois encore à la maison, alors que Narimène est à la piscine ? Ah ! … OK. C’est bon. Je vais de ce pas la récupérer sans tarder.
Il raccroche et jette un coup d’œil à sa montre :
-Je n’ai pas senti le temps passer Hanane. Nous sommes déjà en fin de journée.
J’étire mes membres ankylosés avant de lancer :
-Moi non plus je n’ai pas senti le temps passer... Ton récit est tellement passionnant, que sans la sonnerie de ton portable, j’aurai volontiers passé la nuit à t’écouter.
-Nous reprendrons le récit demain. Ma femme vient de m’apprendre que nous recevons des invités. Je dois récupérer la petite à la piscine et faire quelques
emplettes…
Il se lève :
-Alors ma chère collègue, retrouvons-nous demain…
-C’est ça, lui lançais-je d’un air distrait, alors qu’il quittait les lieux.
Je reprends mes notes et me mets à rédiger quelques paragraphes sur mon ordinateur portable. Saad m’avait emportée loin de la rédaction…Par sa manière de narrer les évènements, il ne pouvait qu’attiser ma curiosité…
Au fur et à mesure qu’il parlait, le récit devenait de plus en plus captivant. Comment le cousin Aoued avait-il pu ériger une telle fortune, et devenir l’un des hommes le plus en vue de la ville, alors qu’il avait quitté sa famille sans un rond dans sa poche ?
Cette question posée par Saad lui-même à sa grand-mère n’aura pas sa réponse ce soir…

(À  SUIVRE) Y. H.



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