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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

47e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Le lendemain je retrouve Saad à la rédaction. Il était en pleine conversation avec un jeune chanteur de raï. Il me dévoile que sa femme avait piqué une crise de nerfs parce qu’il répondait aux salutations de sa jeune voisine.

Il hausse les épaules dans un geste d’impuissance.
-Que pouvais-je donc faire
d’autre ?
-Ne répondre qu’à son premier “bonjour” et ignorer la suite. Ta femme n’aurait rien trouvé à redire.
-Oh que si ! Elle aurait rencontré le regard enflammé que me lançait cette fille et aurait échafaudé tout de suite un plan.
Je dépose mon stylo et mets mes coudes sur le bureau.
-Franchement, Saad tu m’intrigues de plus en plus. Je ne t’ai jamais connu sous un autre aspect que celui d’un journaliste consciencieux, très sérieux dans son travail et d’un homme fort généreux et très affectueux, qui n’aspire qu’au bonheur des siens.
Il sourit.
-Tu fais de moi un portrait très flatteur, Hanane. Tu es bien gentille.
-Mais c’est la réalité. Saad, je ne peux pas dire autre chose que ce que je connais de toi.
Il soupire et tire une chaise pour s’asseoir avant de répondre :
-Certes. Voilà des années que je bosse dans ce quotidien. Grâce à Dieu, je n’ai jamais eu à me plaindre de mon entourage, et personne, ici, n’a eu non plus eu à se plaindre de moi. Néanmoins, à travers le récit que j’ai commencé à te narrer, tu viens de découvrir une autre facette de ma vie. Et je n’en ai pas encore fini.
J’allume mon dictaphone.
-Très bien. On continue alors.
-Oui. Juste une remarque. Je suis Saad, que tu connais depuis que tu es ma collègue, mais avant de le devenir, je suis moi aussi passé par l’enfer.
-Cela ne m’a pas semblé être le cas, du moins jusqu’au passage que tu m’as narré hier.
-Attends donc d’entendre la suite. Où étions-nous arrivés ?
-Au moment où ta grand-mère te dévoilait comment Aoued, qui était parti de rien, avait érigé sa fortune. Ton père avait reçu une missive de lui qu’il avait fait lire par un marchand ambulant.
-Ah ! c’était ça. Mon père avait fait lire cette lettre par ce marchand. Enfin, il croyait la faire lire, car le commerçant en question savait à peine déchiffrer les mots. De ce fait, il n’avait rien pu saisir du texte écrit. Mon cousin Aoued demandait à mon père de le rejoindre à Annaba avec la famille. Mais celui qui “lisait” ces lignes lui avait plutôt raconté une autre version et déformé totalement la réalité.
-Qu’avait-il donc pu lui dire ?
-Quelque chose comme “ton cousin ne veut plus entendre parler de la famille, ni surtout de ses origines nomades”. Pour cela, il lui demandait de “ne plus chercher à le contacter ou lui envoyer des missionnaires”.
-Ça alors !
-Oui. En fait, ma grand-mère avait demandé à maintes reprises à mon père de partir à la recherche de Aoued. Mais il a toujours trouvé des excuses pour la faire patienter. Seulement, un jour, alors qu’il pleuvait à torrent, un vieil ami à mon grand-père était venu s’abriter chez nous. De fil en aiguille, il avait appris à ma grand-mère qu’il habitait au Nord, et que dans le temps il rencontrait souvent Aoued. Sa curiosité poussée au maximum, mon aïeule avait voulu en connaître davantage sur son neveu.
L’homme lui avait alors certifié que le jeune Aoued avait bien démarré dans la vie, et que grâce à un concours de circonstances et à ses diplômes, il avait pu se lancer sans trop de mal dans le monde des affaires..

(À  SUIVRE) Y. H.



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