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A la une / Des Gens et des Faits

Les racines de l’amour

51e partie

Résumé : Alors que Ghenima se morfondait et maudissait tout le village, elle entendit des voix d’homme et constate qu’on ramenait un blessé. C’était Mohand ! Derrière le buisson où elle s’était cachée, elle n’eut aucun mal à deviner ce qui s’était passé.   

Sa tête menaçait d’exploser. Elle ne pouvait rester là à ne rien faire, alors que Mohand se mourrait.
En fin de compte, la raison l’emporta. Ghenima préfera attendre que les trois hommes ressortent de la forge, même si cela devait tarder, et voir ensuite de quoi il en était question.
Elle attendit une éternité, avant que le trio des jeunes gens ne quitte les lieux. Ils avaient l’air plus calmes, et l’un d’eux lança à l’intention des autres :
- Il va avoir encore quelques difficultés à marcher pendant quelques jours, mais il n’en mourra pas. Sa blessure au ventre est superficielle, et sa jambe droite est tout juste contusionnée. Je craignais une fracture, il a dû recevoir des coups brutaux.
- Et pourquoi ?, lance ironiquement le deuxième. Hein ? Pourquoi ? Pour les beaux yeux d’une femme. Tu vois donc où peuvent mener ces diablesses !
- Ne dis pas de sottises, Lounès. Nous connaissons tous Aïssa et ses caprices. C’est un orgueilleux, un vaniteux et un oiseau de mauvais augure. Il a enterré toutes ses épouses.
Moi personnellement je ne consentirai jamais à lui accorder la main de ma sœur. Quel qu’en soit le prix.
- Oui. Mais dans le cas actuel, c’est le père de la fille lui-même qui a engagé sa parole.
- Penses-tu ? On voit que tu connais mal ce vautour.
- Assez parloté, lance le troisième homme. Il se fait tard, et avec ce froid, il est temps pour nous d’aller rejoindre nos couches.
- Tu as raison, mon ami. Mohand s’est endormi, et nous reviendrons prendre de ses nouvelles au lever du jour.
Ils s’éloignèrent en discutant, et Ghenima sortit de sa cachette. Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, puis s’avance à pas de loup vers la grange et entrouvrit la
porte.
Le feu crépitait dans l’âtre et illuminait la pièce. Mohand était allongé sur le dos, les yeux clos, et le visage crispé. Il souffrait.
Ghenima déglutit et s’approche de lui. Elle remarque que son visage était tuméfié, et que du sang avait séché aux commissures de ses lèvres.
Il avait une jambe enveloppée dans un drap blanc et légèrement soulevée sur un petit tabouret en bois. Il se tenait le ventre, et Ghenima remarque encore du sang sur sa chemise.
La jeune fille se mordit les lèvres jusqu’au sang. Mohand ne l’avait pas trahie.
Cette pensée la soulagea momentanément. Mais elle prit soudain conscience de l’ampleur du drame.
Mohand a provoqué Aïssa à cause d’elle, et maintenant il est dans un état qui ne lui permettra pas de mettre le nez dehors avant des jours.
Comment va-t-elle vivre jusque-là. Il lui faudra bien attendre que Mohand soit sur pied pour qu’ils puissent prendre ensemble la clé des champs. Et puis, elle ne pourra jamais l’abandonner, alors qu’il a plus que jamais besoin d’elle auprès de lui.


(À  SUIVRE)
Y. H.

 


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