Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Des Gens et des Faits

Un cœur brisé

57e partie

Résumé : Riad avouera à Sabrina qu’après le décès de sa mère, il avait souffert d’un grand manque affectif dans son adolescence. Il avait quitté la maison pour suivre ses études en internat, afin de s’éloigner du vide que sa mère avait laissé dans leur foyer.

 

-Et cela avait duré bien longtemps. À la fin de mes études supérieures, j’ai beaucoup voyagé. J’avais envie de changer de lieu et d’entourage. Mon père vivait bien avec sa nouvelle femme. Certes, elle était bien gentille et se comportait très affectueusement avec moi, mais je ne pouvais supporter sa présence chez nous. J’avais la pénible impression de trahir ma mère. C’était ridicule bien sûr d’avoir de telles idées, mais j’étais encore trop jeune pour comprendre les choses à leur juste valeur.
Il prend une lente inspiration.
-Parfois, la vie vous joue des tours incroyables.
-Et maintenant. Que devient tout ce beau monde ?
-Bof ! Après avoir pris sa retraite, mon père a préféré se retirer à la campagne pour se reposer. Il a hérité d’une jolie maison de ses grands-parents, qu’il rénovée. Cependant, ces derniers temps, il ne peut plus travailler dans son potager, comme il aimait le faire dans le temps. Il est bien malade et alité. Heureusement qu’il a son épouse à ses côtés.
-Tu reviens donc à de meilleurs sentiments envers elle.
-Il m’arrive de me rendre au bled de temps à autre et de passer le week-end ou quelques jours de vacances. Elle essaye toujours d’être agréable avec moi. Mais il y a toujours cette barrière psychologique entre nous.
-Et cette barrière te pousse à épouser une femme de l’âge de ta propre mère pour combler ton vide affectif.
Il regarde son café qui refroidissait dans sa tasse, puis relève la tête.
-Je ne sais quoi te dire, Sabrina. Peut-être que j’aime ta mère d’un amour filial. Je ne sais pas. Mais pour demeurer auprès d’elle, je suis prêt à l’épouser.
-Tu ne sais donc pas faire la part des choses dans tes sentiments ?
Il garde le silence et se remet à la contempler. Elle est belle, se dit-il. Aussi belle que sa mère avait dû l’être à son âge.
-Alors ? Qu’en penses-tu, Riad ?
Il passe la main dans ses cheveux et ébauche un sourire.
-Je ne sais pas, Sabrina. Cette conversation entre nous m’a permis de voir plus clair dans certaines choses.
-Comme quoi ?
-Comme toi.
-Moi ?
-Oui. Je découvre beaucoup de choses en toi, Sabrina. Tu as bien fait de fixer ce rendez-vous entre nous.
-Mais c’était pour discuter de ma mère, pas de moi !
-Peu importe. Nous sommes là à discuter entre nous et à nous découvrir simultanément.
-Tu es hors circuit. Ce n’était pas du tout le but de notre rencontre.
-C’est ce que tu penses. Mais la réalité est là. Nous sommes tous les deux en train de mettre au jour quelques ombres d’un passé lointain.
-C’est plutôt toi qui me dévoile ton passé.
-Oui. Mais je connais aussi un pan du tien. Et maintenant, j’ai une autre idée sur toi.
-Ah ! Et quelle idée ?
Il rit.
-Tu es aussi coriace qu’une sangsue. Tu défends ta mère et tu veux m’éloigner d’elle, car tu penses que je lui veux du mal. Ce geste de bravoure renseigne amplement sur ta personnalité, Sabrina.


(À  SUIVRE)
Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER