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A la une / Des Gens et des Faits

Les racines de l’amour

60e partie

Résumé : La journée passe sans que Ghenima ne donne signe de vie. Belkacem se rend à l’évidence. Sa sœur a bel et bien fait le coup, bien qu’il reconnaisse que les raisons en valaient la peine. Il s’entretient avec sa femme, avant de se décider de partir à la recherche de sa sœur.

 

Fatiha hoche la tête.
- Que pouvait-elle faire de mieux dans son état ? Elle se sentait déjà morte et enterrée près de ce vieux dingue. Alors elle a préféré mourir d’une autre manière, sans avoir à supporter l’humiliation qu’on lui a infligée. Qui aurait pensé que ton père allait lui jouer un tel tour ?
Belkacem acquiesce.
- Je suis d’accord. Mais je crois qu’au fond, il le regrette amèrement. Mon père n’a pas su se montrer ferme au bon moment. Il ne voulait pas blesser Aïssa. Mais ce dernier s’est transformé en charognard. Il est d’une perfidie
incroyable.
- Que va-t-on faire maintenant ? Vas-tu laisser ta famille s’engloutir tout doucement dans un océan de conflits ?
- Non. Bien sûr que non. Mais que pourrais-je faire tout seul ? Si au moins Mokrane pouvait comprendre.
- Il ne faut pas compter sur lui. Lorsqu’il aura repris ses esprits et appris ce qui est arrivé, il n’hésitera pas à saccager la maison et n’ira pas par quatre chemins pour partir à la recherche de Ghenima pour l’égorger vive.
- C’est ce que je craignais. Mokrane est trop nerveux et ne pourra jamais comprendre la réaction de Ghenima.
- N’empêche qu’il a mal pris son mariage avec Aïssa.
- Mais au lieu de tenter de limiter les dégâts, il a préféré se réfugier dans le vin pour s’éloigner de la réalité.
- Ce sera peut-être la même chose lorsqu’il saura que Ghenima a quitté la maison.
Belkacem secoue la tête.
- Non. Là, c’est bien plus sérieux. Mokrane ne badine pas avec l’honneur de la famille. Tu l’as dit, il n’ira pas par quatre chemins pour l’égorger vive.
Fatiha baisse les yeux avant de demander d’une petite voix :
- Es-ce vrai que Mohand le forgeron avait osé demander sa main devant la djemaâ ?
Belkacem s’exclame.
- Oui ! Je le jure par tous les saints, ce n’était pas un mensonge pour faire plaisir à ma sœur.
- Faire plaisir à ta sœur ? Je ne comprends pas.
Belkacem attire sa femme vers lui pour lui chuchoter.
- Je suis au courant de sa relation avec lui.
Fatiha perdit son sang-froid.
- Hein ? Ghenima avait une relation avec...
- Ne joue pas les innocentes, Fatiha. J’ai surpris une conversation entre vous deux à ce sujet. Ghenima te disait que Mohand voulait envoyer ses parents pour une demande en mariage, etc.
Fatiha se dégage de l’etreinte de son mari.
- Je ne me rappelle pas. Je ne sais pas.
- Je te rafraîchis davantage la mémoire. Ghenima t’avait annoncé que Yahia et Amar, le père et le frère de Mohand, devaient rentrer de France incessamment, et c’était ce qu’attendait ce dernier pour se présenter. Je ne doute plus d’ailleurs de ses intentions depuis que je l’ai vu hier se démener comme un diable devant la djemaâ pour gagner la partie. Hélas !
Fatiha soupire d’aise. Belkacem a dû tout juste surprendre un pan de leur conversation, et n’était pas au courant des rendez-vous nocturnes de sa sœur. Sinon il aurait réagi autrement. Elle n’en doutait pas.


(À  SUIVRE)
Y. H.

 


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