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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

61e partie

Résumé : Outrée par le comportement de son fils indigne, Hizia ira vivre chez sa fille à Alger. Saad n’était plus aussi attiré par l’alcool et les jeux, mais il se rendait dans les bars pour rencontrer une femme. Elle s’appelait Souad et l’intriguait.

 

L’homme s’interposera.
-Hé, pour qui te prends-tu ? Elle est avec moi. Tu n’as qu’à attendre ton tour.
Je me retourne vers lui.
-C’est maintenant que je veux lui parler, maintenant.
Je brandis le poing. Mon air menaçant aura le dessus. L’homme hausse les épaules et se détourne de nous. Souad me suit. Je lui désigne une table au fond de la salle. Comme j’étais parmi les premiers clients du soir, je pouvais disposer à ma guise des places vacantes. Je demande deux jus d’orange et reviens vers mon invitée.
-Alors ? Comment cela va-t-il pour toi ?
Elle ébauche encore son sourire triste et hausse ses frêles épaules.
-Ça va.
-Hum. Cela ne me semble pas être le cas. En fait. Je...
Je cherchais mes mots. Le journaliste ne doit ni choquer, ni intimider, ni mettre mal à l’aise son interlocuteur, quel qu’il soit. J’avais une panoplie de méthodes, apprises sur le tas, pour faire parler les gens et arriver à mon objectif sans les offenser.
Je prends donc mon air le plus cordial pour m’adresser à Souad sans prélude.
-Je ne sais pas pourquoi je te sens si distante et si distraite. Ton sourire n’arrive pas à illuminer ton visage, et tes yeux affichent une tristesse sans limite. Souad, je ne vois absolument pas ce que tu fais ici. Ta place serait plutôt sur les bancs de l’université ou auprès d’une famille. Des larmes brillèrent dans ses yeux. Elle tente de les refouler, mais elles ruissellent torrentiellement sur ses joues. J’avais touché en elle une corde sensible. Je ne m’étais pas trompé. Cette femme m’avait intrigué et je savais qu’elle devait cacher plus d’un secret.
Je tendis ma main pour essuyer ses joues avec un mouchoir, puis je reprends.
-Ne me dis rien, si cela t’est trop pénible. Enfin, du moins pour aujourd’hui.
Elle déglutit, puis s’essuie le visage, sans pour autant perdre son air triste. Je lui verse un verre d’eau et la force à le boire.
-Pourquoi es-tu aussi prévenant avec moi ?
La question me surprend. Sa voix calme et fort belle pénètre dans tout mon être. Je me sens tout à coup prêt à passer le reste de mon existence à l’écouter.
-Je sens que tu n’as pas atterri dans un tel endroit par ta propre volonté. Tu caches en toi tant de souffrances, Souad. Et ne tente pas de me dire le contraire, car je ne te croirai pas. Elle relève les yeux vers moi. Un regard franc, direct et plein d’amertume, mais aussi très doux.
-Tu es quelqu’un de bien, Saad. Je pense que je devrais te rendre le revers de la médaille. Toi non plus tu n’es pas fait pour un tel endroit.
Je pousse un long soupir.
-Ah ! si tu savais !


(À  SUIVRE)
Y. H.

 


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