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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

62e partie


Résumé : Saad invitera Souad à prendre un verre. La jeune femme ne semblait pas faite pour travailler dans un bar, et il se promet de percer son secret. Elle-aussi avait la même opinion de lui. Deux êtres qui se recherchent et se retrouvent pour narrer leurs malheurs.

 

Elle me dévisage avant de demander :
-Savoir quoi ?
-Ah ! Souad… Je… Je ne vais pas me mettre à te raconter ma vie, car cela ne vaudra pas la peine. Elle n’est qu’un gribouillage sur une toile déjà usée.
-Mais non. Je ne le crois pas… Tu es trop jeune pour être déjà au bout du rouleau.
-Et toi alors ?
Elle hausse les épaules :
-Moi, c’est tout autre… Ma vie n’a pas été un fleuve tranquille depuis l’accident…
-Quel accident ?
Elle se lève alors, et me présente le côté droit de sa morphologie. Je retins de justesse un cri qui remontait des tréfonds de mon être. Cette jeune femme n’avait plus son bras droit ! Et bien sûr au premier abord, on ne pouvait le remarquer, tant elle était habile à se présenter dans ses tenues amples aux manches longues…
-Que… Que s’est-il passé ?
Elle se rassoit, et croise ses jambes avant d’allumer une cigarette. Ses gestes étaient sûrs. Avec une seule main, elle avait pu retirer la clope de son étui, avant de prendre un briquet de sa poche. Elle aspire une bonne dose de tabac, avant de rejeter un nuage de fumée qui embrouilla ma vue…
-Tu veux connaître mon histoire. C’est ça… ?
-Oui. Je veux connaître ton passé.
-Pourquoi donc ?
-Parce que tu n’es pas comme les autres.
-Et toi qui es-tu pour me poser toutes ces questions… Un journaliste ?
Je demeure interdit un moment. Cette femme était aussi belle qu’intelligente. Je commençais à trouver mes questions plutôt ridicules. Il fallait aller au but :
-Écoute Souad. Je suis journaliste. Tu l’as bien deviné… Heu… Tu t’appelles bien Souad, n’est-ce pas ?
-C’est aussi sûr que tu t’appelles Saad…
Je me mets à rire :
-Je t’assure que c’est mon vrai prénom.
-Alors nous sommes quittes. Je suis Souad et tu es Saad. Cela rime bien, tu ne trouves pas ?
-Tout à fait.
-Maintenant dis-moi pourquoi tu veux connaître mon histoire ? Pour remplir un vide dans les pages de ton journal ?
Je secoue la tête :
-Là, tu n’y es pas du tout. Je suis au chômage depuis plusieurs mois.
-Ah !
-Heu… J’ai été licencié pour mauvaise conduite ? Tu piges ?
-Parfaitement. Et tu viens dépenser tes économies ici chaque nuit, pour noyer ton chagrin…
-Comment as-tu deviné ça aussi ?


(À  SUIVRE)
Y. H.



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