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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

64e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Souad avait une intelligence vive. Malheureusement, un concours de circonstances avait fait d’elle ce qu’elle était. Elle voulut quitter Saad pour rejoindre les autres, mais il tente de la retenir. Un videur s’avance.

Le videur me jette un coup d’œil méfiant, puis s’éloigne.
-Tu veux attirer la foudre sur nous ?
-Non. Mais. Tu vois. Je...
Elle lève une main protestataire.
-Je ne vois rien. Je dois bosser, Saad. Si tu veux, retrouvons-nous demain.
-Ici ?
-Où veux-tu donc qu’on se rencontre ?
Je me mets à réfléchir.
-Nous irons prendre un café quelque part.
Elle secoue la tête.
-Le patron me tuera. Je ne dois jamais me familiariser avec les clients. Il dit que c’est mauvais pour le commerce.
-Mince ! Mais je pense que tu as quand même ta journée de repos, n’est-ce pas ?
Elle hausse les épaules.
-Oui. Mais c’est une journée que je consacre à ma petite personne.
-Tu fais quoi au juste ?
Elle hausse encore les épaules.
-Je lave mon linge, nettoie ma chambre, me rends au hammam, etc.
-Ah ! Et tu fais tout ça bien sûr avec une seule main.
-Oui. Cela t’étonne ?
-Bien sûr. On a même du mal à le croire.
-Eh bien, mon cher ami, je peux te certifier que je ne peux faire autrement.
Je la contemple un moment. La jeune femme me dévisage à son tour.
-Quoi, tu ne me crois pas ?
-Si. Je pensais plutôt à autre
chose.
-À quoi donc ?
-Je ne sais quoi te dire. Je pense que tu es une femme très courageuse, Souad. Ta vie n’a pas dû être un fleuve tranquille, mais tu tentes tout de même de garder la tête hors de l’eau.
-Ai-je le choix ?
Je soupire en repensant à ma situation.
-J’aimerais tant me confier à toi. Je sens que tu seras la seule à me comprendre.
Elle fronce les sourcils.
-Tiens ! On dirait que tu changes de cap. Je pensais que c’était plutôt le contraire que tu voulais. Que ce soit moi qui étale ma vie devant toi.
-Exact. C’était ce que je voulais. Et je le veux toujours d’ailleurs. Mais je pense aussi que tu ne peux pas te confier à un étranger. Alors je vais te raconter ma vie, afin que nous soyons un peu plus proche. Peut-être consentiras-tu enfin à dévoiler certains aspects de la tienne. Du moins ceux qui t’ont menée tout droit à ce “boulot” comme tu l’appelles.

(À  SUIVRE) Y. H.


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