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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

66e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Souad comprend rapidement que Saad avait besoin de se confier. Elle finira par accepter de le revoir en dehors de ses heures de travail, et lui donnera rendez-vous pour le mercredi devant la mairie du centre-ville.

Elle s’esquive et je la suis des yeux, tout en me demandant si réellement je venais de décrocher un rendez-vous avec cette fille, qui, au premier abord, pouvait passer pour n’importe quelle femme respectable, alors qu’elle bossait dans ce bar. Je me promets alors d’aller jusqu’au bout pour découvrir toute la vérité sur elle.Les tiraillements de mon dos me firent redresser sur ma chaise. La journée tirait à sa fin, et j’eus la nette impression d’avoir voyagé encore une fois dans le temps à travers le récit de Saad. Il relève les yeux vers moi et ébauche un sourire.
-Tu es sûrement fatiguée, Hanane.
-Certes, mais la fatigue d’aujourd’hui est plutôt bénéfique.
Ton récit est tellement captivant, Saad.
-La suite sera encore plus passionnante.
Je m’étire.
-Tu veux qu’on reprenne demain ?
-Avec plaisir, toutefois si notre emploi du temps nous le permet.
-Nous n’avons reçu aucun ordre de mission pour demain.
-Oui, mais tu oublies les imprévus et les scoops de dernière minute.
-Eh bien, dans ce cas-là, nous serions dans l’obligation de nous revoir un autre jour.
Je me mets à relire hâtivement mes notes avant de rajouter :
-De toute façon, j’ai déjà assez de matière pour entamer le récit. Il affiche une moue.
-J’aimerais que tu l’entames une fois que j’aurais terminé de te narrer la totalité. Tu vas me trouver ridicule, mais je suis un peu superstitieux sur les bords. Je pourrais mourir sans pouvoir te donner la suite. Ce fut à mon tour d’afficher une moue.
-Je te trouve un peu fou, mais je sais que tu ne vas pas mourir.
-Ah ! Tu as maintenant le pouvoir sur la vie et la mort d’une
personne.
Je me mets à rire.
-Voyons, Saad, je ne suis pas Dieu. Je veux seulement te démontrer qu’il faut penser logiquement.
-Penser à la mort est aussi une chose logique, tu ne trouves pas ?
-Ne sois pas lugubre à ce point. Tu ne récupères pas tes enfants aujourd’hui ?
-Non. C’est ma femme qui s’en charge.
Il se lève et s’empare de son cartable.
-Je vais rentrer, j’ai encore quelques papiers à revoir. Retrouvons-nous demain, Hanane.
-Bonne soirée, Saad.
Il s’esquive et je demeure encore un moment dans la salle de rédaction. Le récit de Saad n’était pas pour me laisser indifférente, et d’aucuns pourraient en tirer plus d’une leçon.
La vie vous fait passer parfois par des épreuves pour tester votre volonté et votre sagacité. Le berger devenu bourgeois n’avait pas fait long feu de sa fortune, et cette dernière avait fini par l’engloutir. Et puis il y avait Souad, cette femme qui bosse dans un bar. Elle devait aussi drainer derrière elle plus d’une histoire. Malgré ma fatigue, j’avais hâte de revoir mon collègue le lendemain et d’entendre la suite de sa bouche.

(À  SUIVRE) Y. H.


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