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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

67e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Saad s’arrête de parler, et je reste sur ma faim. Cependant, comme à chaque fois, il me promettra une suite plus captivante pour le lendemain. Je demeure méditative. Le récit de Saad était une épreuve de la vie, et on devrait en tirer de bonnes leçons.

La température avait augmenté d’un cran le lendemain. À peine réveillée, je m’empresse de prendre une douche et de sauter dans mon véhicule pour parer à toute éventualité. Je voulais particulièrement éviter les embouteillages sur l’autoroute. On dirait que tout le monde était en vacances, et que tout le monde se rendait à la plage à la même heure. À peine le jour levé qu’on entendait les vrombissements des moteurs. Les véhicules formaient déjà une longue chaîne à la sortie de la ville et à son entrée. J’arrive à la rédaction avec une bonne heure de retard. Et pourtant, je pensais avoir pris mes précautions !
Le rédacteur en chef me toise avant de s’approcher de moi.
-Alors ! On a fait la grasse matinée ?
-Oh que non ! Je me suis levée aux aurores. Mais avec les bouchons...
Il lève la main.
-C’est ce que tout le monde raconte. On dirait qu’il n’y a que notre pays qui souffre de cette calamité. Ailleurs, ils n’ont pas ce problème. Chacun se débrouille pour arriver à l’heure.
Je soupire.
-Tu veux que je fasse un papier sur le sujet ?
Il fronce les sourcils puis ébauche un sourire.
-Tu as toujours la bonne réponse, toi.
-Ben, oui. Il faut bien que quelqu’un en parle un jour.
-Allez. Laisse tomber. Nous allons faire un petit briefing, et chacun aura sa feuille de route pour la journée.
Une fois la réunion terminée, je me mets à rédiger mon billet puis je contacte un responsable du marketing dans une entreprise de téléphonie mobile pour un entretien sur les nouvelles options en vogue et la passion suscitée par ces dernières auprès de la tranche juvénile.
Mon interlocuteur semblait occupé et pressé d’en finir avec moi. Toutefois, du point de vue publicitaire, il ne voulait pas rater le coche. De mon côté, je lui démontre la nécessité de cet entretien téléphonique, et le fait de devoir se contenter de quelques répliques objectives sans avoir à nous déplacer ni à rallonger les détails. Il parut satisfait et répondit sans détour à toutes mes questions. Deux heures plus tard, mon papier était fin prêt et le réd’chef, tout sourire, me lance d’une voix mielleuse :
-Je savais qu’on pouvait compter sur toi pour ces exclusivités.
-Bof. Je n’ai fait que poser des questions. Ils vont payer pour leur pub ?
-C’est fait. Ils ont déjà réservé toute une page pour demain.
Ton papier passera sur une bonne partie.
-Et les photos ?
-Elles sont prêtes. La maquette est déjà élaborée.
Je retourne dans la salle de rédaction le cœur plus léger. Un café ne permet de retrouver mon dynamisme coutumier pour écrire un autre papier sur un jeune chômeur que j’avais rencontré au bas de l’immeuble. Un portrait moins brillant que ce que j’avais l’habitude de faire, mais qui méritait qu’on s’y attarde.

(À  SUIVRE) Y. H.


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