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A la une / Des Gens et des Faits

La brûlure de la braise

69e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Alors que je rédigeais mon article, Saad lisait derrière mon dos. Il venait de rentrer et m’apprendra que j’étais invitée à dîner ce soir chez lui, car il voulait me présenter à sa sœur Houria et à sa mère. Moi je voulais entendre la suite du récit.

Il jette un coup d’œil à sa montre.
-Je crois qu’il est un peu tard pour ce reportage sur les anciens sportifs. En fait, cela fait deux jours que j’essaye de les joindre, en vain. Je me suis alors dit que je ferais mieux de me rendre à leur club. Attends, je vais d’abord donner un coup de fil, et nous verrons ensuite ce qu’il y aura lieu de faire.
Accroché à son mobile, Saad discute un moment avec ce qui me sembla être un chef d’équipe, puis refait un autre numéro pour tomber sur un footballeur de l’équipe nationale.
Les deux interlocuteurs n’étaient pas disponibles pour la journée, et je jubilais à l’idée d’entendre le jour même la suite de ce récit qui me tenait en haleine depuis son début.
Saad raccroche et tire une chaise.
-On peut dire que tu as de la chance, Hanane. Il n’y a personne au club. Je devrais revoir tous les rendez-vous.
-À la bonne heure.
Je me laisse tomber sur une chaise en face de lui et prends mon bloc-notes.
-Où en étions-nous ?
-Nous nous sommes arrêtés au moment où tu avais donné rendez-vous à cette fille devant la mairie.
-Ah, oui ! Cela me revient. Souad devait me rejoindre devant l’ancienne mairie de la ville.
-Elle a finalement respecté ce rendez-vous ?
-Tout à fait. J’eus du mal au début à la reconnaître. Elle s’était emmitouflée dans une mlaya, ce voile noir propre aux femmes de l’Est, et marchait d’un pas décidé. Je t’assure qu’on aurait pu facilement la prendre pour une respectable mère de famille.
Il soupire.
-Elle aurait pu l’être. mais le destin en avait décidé autrement.
-Que s’est-il passé ensuite ?
-Nous nous sommes rendus dans un jardin public, et elle avait consenti à me raconter enfin un pan de sa triste vie.
Il soupire encore.
-Cette femme, j’aurais voulu l’aider, mais au point où elle en était, je ne pouvais plus rien faire. Plus tard, j’ai appris qu’elle avait quitté Annaba pour une destination inconnue, et depuis je n’ai plus eu de ses nouvelles.
-Que t’a-t-elle donc raconté ?
-Eh bien voilà : cette malheureuse avait eu un accident à l’âge de 7 ans. Une moissonneuse-batteuse lui avait sectionné le bras alors qu’elle jouait dans les champs de blé.

(À  SUIVRE) Y. H.


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