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A la une / Des Gens et des Faits

Un cœur brisé

9e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : La journée passera sans encombre pour la jeune femme. Entre courrier et coups de fil, elle trouvera le moyen de démontrer son savoir-faire et recevra les éloges de son supérieur.

Cependant, un aléa de taille se dressera devant elle. Elle habitait en ville et devra prendre deux bus pour rentrer, au risque de rater l’un ou l’autre. On était encore en été et les journées étaient assez longues pour lui permettre de rentrer chez elle sans aucun problème. Mais comment fera-t-elle en hiver ? On lui avait dit que les bus arrêtent très tôt leur rotation dans cette zone, du fait de son éloignement et du nombre réduit des passagers. En sus, elle devrait cavaler sur deux kilomètres avant d’arriver à la première station.
Elle soupire en tentant de faire contre mauvaise fortune bon cœur. On ne peut pas tout avoir dans la vie. Heureux encore qu’elle ait décroché ce poste. Elle aura au moins un salaire pour faire face aux aléas de l’existence.
Sans trop tarder, elle se met à marcher d’un pas rapide pour ne pas rater le premier bus. Elle arrive à la station à la minute même où il allait démarrer. Ouf ! Elle avait pu monter avant que les portes ne se referment. Quelques passagers la dévisagèrent. Elle tente de prendre un air indifférent et titube à travers l’allée centrale pour aller s’asseoir au fond du véhicule à moitié plein.
Un homme se met à côté d’elle. Elle tente de reculer jusqu’à la fenêtre pour éviter son contact. Mais ce dernier se glisse jusqu’à elle en marmonnant.
-Alors ma petite dame, on aime jouer à cache-cache ?
Ébahie, elle jette un regard autour d’elle, et constate qu’elle était la seule femme parmi les passagers. Pas étonnant qu’on ait affiché des airs surpris lorsqu’elle était montée dans ce bus.
Elle met son sac entre elle et l’homme et lance :
-Vous me dérangez, Monsieur. Il y a assez de place sur la banquette, pourquoi vous collez-vous à moi ?
-Pour me réchauffer.
Un éclat de rire général suivra sa réplique. Le receveur s’approche et brandit son carnet de tickets.
-Vous descendez au terminus ?
-Oui.
Il lui tendit un ticket.
-Vous feriez mieux de rentrer plus tôt la prochaine fois, ma petite dame. À cette heure de la journée, nous ne voyons presque pas de femmes sur notre itinéraire.
-Je travaille dans les environs. Je n’ai pas le choix.
-Demandez-leur donc de vous assurer le transport. C’est bien plus confortable, et surtout moins dangereux.
Elle prend son ticket et le garde dans sa main. La vie n’était pas de tout repos. Elle n’avait jamais pensé qu’en voulant prendre la liberté de travailler, elle allait se heurter à tant d’ennuis.
Demain, elle discutera avec son directeur de ce problème de transport. L’homme lui avait paru réceptif et sensé. Peut-être qu’en lui énumérant les risques, il acceptera de désigner un chauffeur pour la transporter.
Elle venait de passer huit heures au bureau. Au milieu de la journée, elle avait grignoté la moitié d’un croissant, et bu un verre d’eau en guise de déjeuner.
Son estomac criait famine.
Elle avait remarqué que les agents sur le chantier s’étaient éparpillés pour manger leurs sandwichs. Chacun avait déballé son déjeuner et mangeait en discutant.
Elle pensera dès le lendemain à ramener elle aussi un sandwich et une cafetière. Elle pourra se préparer du café ou du thé, et manger à l’aise dans son bureau.

(À  SUIVRE) Y. H.


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