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A la une / Des Gens et des Faits

90e partie

À tout jamais…

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Kamélia a décidé de ne pas rentrer au village où tout lui rappelle son agression. Elle tient à être suivie par une gynécologue en ville et à garder un œil sur Idir. Elle n’a pas cherché à s’imposer dans sa vie. Une infirmière la garde informée de tout ce qu’il fait. Elle est heureuse de savoir qu’il va mieux. Entre-temps, au village, la famille et les amis font pression sur son père pour qu’il pardonne à Tewfik. Ce dernier a été condamné à la prison. La peine lui semble bien légère. 

Les derniers mois passent, et c’est par une belle journée de printemps que Kamélia met au monde un garçon. Ses parents les ont rejoints, heureux de voir la famille s’agrandir. Moh est ému en tenant son petit-fils pour la première fois. Fathma, qui n’arrive pas à contenir sa joie, pousse des youyous. Elle aurait aimé qu’Idir soit là et que la naissance du petit réussisse à les rapprocher. 
-Comment l’as-tu nommé ?
-Adem. 
-Bonjour Adem. 
Les grands-parents sont complètement fous du petit. 
-Ils ne savent pas ce qu’ils ratent, dit Fathma à sa fille. Je suis sûre qu’Idir doit penser à vous deux. J’espère qu’il s’est remis de son agression. 
-Ne vous fâchez pas, glisse Kamélia, mais j’allais souvent à proximité du centre de rééducation et je sais qu’il s’en remet doucement. Il est concentré sur ses soins. Il commence à récupérer. Il a meilleure mine. 
-Ça fait plaisir à savoir. Quand il verra son fils, il va tout oublier, tout abandonner, pour être avec lui. 
Des coups à la porte d’entrée retentissent. Fathma va ouvrir. Elle accueille à bras ouverts Nawel. C’est elle qui a accompagné Kamélia à la maternité et qui l’a ramenée le lendemain, avec un petit ange dans les bras. 
-Kamélia est la sœur que je n’ai pas, dit Nawel. Je suis heureuse d’avoir un neveu aussi beau. Je l’adore. 
Elle prend des photos souvenirs. Le bébé passe de main en main.
Moh décide de sortir pour les laisser entre femmes. Fathma sort de son panier des tupperwares et les ouvre, laissant de bonnes odeurs envahir le studio. 
-Je t’ai préparé une bonne soupe, un gratin d’aubergines, de la bonne galette. 
-Hum ! J’en ai l’eau à la bouche. Sers-moi s’il te plaît, dit Kamélia après avoir déposé son bébé dans son berceau. 
Fathma prépare la table et invite les deux jeunes femmes à prendre place. Elle les regarde manger avec appétit. Elle s’est assise près du berceau, ne se lassant pas de regarder son petit-fils. 
-Kami, ma fille, ça y est. On a pris notre retraite, lui apprend-elle. On sera disponibles. Pour vous gâter. Ton père ne te l’a pas encore dit, mais on a acheté une villa qui possède deux entrées et deux jardins. On s’est permis de faire des projets pour nous quatre, ou cinq. Le rez-de-chaussée est pour toi. Il a été aménagé de façon à ce que ton mari puisse circuler avec un fauteuil roulant, même pour sortir dans le jardin, sans aide. 
Kamélia pleure d’émotion. Elle sait combien ils tiennent à eux. 
-Vous n’auriez pas dû, lui dit-elle. Je refuse de vivre, de retourner au village. 
Fathma a un sourire.
-Oui, on le savait et on comprend pourquoi. La villa n’est pas au village. On a acheté en ville, dans un quartier résidentiel. Dès que tu le voudras, on vous y emmènera. Ce n’est pas très loin d’ici. 
-Yemma, je ne sais pas quoi dire. Merci, merci. Vous avez pensé à tout. Mais Idir n’est pas encore avec nous. Il n’a jamais cherché à me contacter. 
Nawel manque de s’étrangler en criant de surprise, en prenant son portable.
-Kami ! Il vient d’aimer les photos d’Adem que j’ai partagées dans ma page sur les réseaux sociaux, lui apprend-elle. Je m’excuse ! J’ignorais qu’il était un de mes abonnés. Regarde ! Il les a toutes aimées. Il a même laissé un commentaire, dit-elle, le cœur battant à tout rompre. Il veut savoir si c’est son fils. Qu’est-ce que je lui dis ?
 

(À SUIVRE)
T. M.
taosmhand@yahoo.com
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