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A la une / Des Gens et des Faits

21e partie

L’intruse

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Sadjia est offusquée. Elle n’admettait pas qu’une mère puisse abandonner son enfant. Faïza est formelle. Telle est pourtant la réalité. Aussi amère soit-elle, elle devra l’accepter.

Faïza lui caresse les cheveux.
-Quelles que soient les circonstances, tu connais maintenant la réalité. J’ai remué ciel et terre pour te garder auprès de moi et te donner une bonne éducation. Ton père t’adore, et tes frères encore plus. Je suis heureuse de constater que toute notre affection pour toi n’a fait que forger davantage ta personnalité.
-Je serais psychosociologue un jour, maman. Ce qui voudra dire que je serai appelée à affronter les maux de notre société. Des cas comme le mien, il doit en exister à la pelle. Cependant, je suis sûre que ce n’est pas tout le monde qui a eu la chance de tomber sur une merveilleuse famille comme la vôtre. Faïza essuies les larmes qui inondaient les joues de la jeune fille.
-Ma chérie, tu me vois heureuse de te savoir reconnaissante et aussi affectueuse envers nous. N’oublie jamais que nous sommes ta famille. Une famille qui t’a ouvert les bras et qui fera tout pour te savoir comblée dans la vie. Depuis ce jour, Faïza se sentit plus soulagée. Elle craignait tant de décevoir sa fille et ne pouvait la laisser dans l’ignorance d’un secret qu’elle aurait fini par découvrir. Que ce serait-il passé dans ce cas-là ? Elle avait bien fait de prendre les devants et de la mettre au courant de cette vérité. Hichem était aussi étonné que Sadjia de découvrir que sa propre épouse avait gardé tout au long de ces années cet écrit qui révélait que leur fille avait tout de même une famille. Où se trouvait-elle ? Il n’en avait aucune idée.  Ce qu’on ignorait par contre, c’est qu’à chaque fin de journée, une femme voilée traversait le quartier et s’arrêtait non loin de leur maison. Elle restait quelques minutes, et une fois que Sadjia est rentrée, elle s’en allait en traînant le pas, comme si elle portait sur son dos un lourd fardeau. Une voisine, qui avait remarqué ce manège, avait déjà mis au courant Faïza. Mais cette dernière avait tout bonnement haussé les épaules, en se disant que si cette femme voulait quelque chose, elle l’aurait simplement demandé. Cependant, en voulant en avoir le cœur net, elle avait elle-même épié cette dernière. Néanmoins, au bout de quelques jours, n’ayant rien remarqué d’anormal, elle avait laissé tomber. Sadjia termine ses études et décroche un poste de travail assez intéressant au sein d’une institution publique où elle affrontait quotidiennement des cas psychologiques. Les gens souffraient de plusieurs maux engendrés par les tabous, ou menaient une vie précaire et sans objectif. Parfois, des orphelins, des femmes divorcées, des veuves venaient aussi la consulter afin de vider leur sac. Elle tentait alors de mettre du baume sur leurs blessures. Certains lui avouaient que leur situation sociale les empêchait de mener une vie normale. La crise du logement, le chômage, une famille nombreuse, etc., n’étaient pas pour les aider dans la réalisation de leurs projets. Ils deviennent alors les boucs émissaires d’une situation qui les dépasse et laissent tomber leurs rêves et leurs ambitions, pour sombrer dans la dépression ou dans la délinquance.

Un jour, elle reçut la visite d’une jeune universitaire qui avouera à Sadjia qu’elle n’était là que parce qu’elle préparait une thèse sur les maux de la société et voulait avoir son avis. La psychologue est émue. Elle n’était encore qu’au début de sa carrière et n’avait pas l’expérience requise pour renseigner amplement cette étudiante. Cependant, elle se reprend et lui demande le sujet de son enquête.
Sans hésiter, la jeune fille balance : 
-Les enfants abandonnés. 
Sadjia sursaute. 
-Les enfants abandonnés ? Pourquoi ce thème ?
 

(À  SUIVRE)
Y. H. 
y_hananedz@yahoo.fr
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