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A la une / Des Gens et des Faits

53e partie

Maya

© Dessin/Ali Kebir

Résumé : Djamel ne se résigne à quitter sa femme et sa fille qu’au moment de l’embarquement. Samia s’était retenue de justesse pour ne pas éclater en sanglots devant lui. Elle l’aimait et était triste de le quitter.

La jeune femme prend la main de sa fille et s’empresse d’embarquer. Sur la passerelle, elle se retourne une dernière fois pour faire un signe à son mari.
Une fois à l’intérieur de l’avion, elle donnera libre cours à ses larmes et pleura sans arrêt jusqu'à son arrivée à Rome. Maya s’était endormie, fort heureusement. 
Juste avant l’atterrissage, Samia se lave le visage et se remaquille soigneusement. Elle tente ensuite d’afficher un visage paisible. Si bien qu’à sa descente de l’avion, hormis ses yeux enflés qu’elle avait camouflés derrière des lunettes de soleil, personne n’aurait remarqué son air triste.
Djamel, de son côté, était rentré tout bonnement à la maison. Il avait fait les grands pas à travers l’appartement vide, puis n’y tenant plus, il avait décidé de se rendre au bureau. Seul le travail l’aidera à surmonter sa peine.
Dans les escaliers, il rencontre sa mère qui le toisa d’un air dédaigneux avant de poser la question qui apparemment lui brûlait les lèvres.
-Où est-elle donc encore partie ?
-Qui elle ?, demande Djamel d’un air indifférent.
-Qui ? Mais ta femme, pardi ! Je t’ai vu l’accompagner ce matin. Elle avait pris un tas de valises avec elle.
Samia est partie en vacances avec Maya.
-Quoi ?!
-Cela semble t’étonner, maman. 
Sa mère porte la main à sa bouche comme pour réprimer une grossièreté.
-Mais, mon fils, cela ne se fait pas !
-Qu’est-ce qui ne se fait donc pas ?
Une femme dans notre famille ne part jamais en vacances sans son mari. 
-Arrête !
Sans s’en rendre compte, Djamel avait élevé sa voix. Il baisse la tête, honteux devant sa mère, puis la regarde dans les yeux avant de lui répondre :
-Tu veux bien arrêter tout ça, mère s’il te plaît. 
-Arrêter quoi ? Mes remarques envers ta femme ? Mais tu n’y penses pas, mon fils. Je suis ta mère et la maîtresse de cette maison. Veux-tu que je te rappelle que c’est ta femme l’étrangère ?
-Tu ne me rappelleras rien. Ma femme n’est pas une étrangère. C’est la mère de ma fille, qui se trouve être aussi ta petite-fille. Elle porte mon nom et vit sous mon toit, pourquoi devrais-je la considérer comme une étrangère ? 
-Elle restera toujours une étrangère. Quoi qu’il advienne et tant qu’elle ne t’a pas donné un héritier, elle ne sera jamais des nôtres.
Le jeune homme sentit une sourde migraine lui vriller les tempes.
-Franchement, mère, cette histoire d’héritier commence à prendre une telle ampleur chez toi que tu en es malade. 
-Plus que tu ne le crois. Regarde un peu autour de toi. Qui va profiter de tous ces biens que nous allons laisser derrière nous ?
 

(À SUIVRE)
Y. H. 
 y_hananedz@yahoo.fr
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