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A la une / Des Gens et des Faits

9e partie

Ramdaniet

© Dessin/Ali Kebir

LE MARCHÉ (1re partie)

Nardjess se gare au parking mitoyen du marché couvert. C’était un jour de congé, et vu qu’elle n’avait presque plus rien dans son réfrigérateur, elle avait décidé d’une virée au marché pour faire le “plein” et par-là même changer un peu d’air après une longue semaine passée auprès de ses malades à l’hôpital. Le médecin redevient “femme” dès qu’elle quitte sa blouse blanche, avec tout ce que suppose son rôle d’épouse et de mère et sa responsabilité envers ses enfants et son foyer.

Nardjess sillonna de long en large les étals de fruits, légumes, viande, etc., à la recherche de ce dont elle pouvait éventuellement avoir besoin dans le courant de la semaine. 
Devant les stands des fruits et légumes, elle constate de visu que le Ramadhan avait aiguisé l’appétit pécuniaire des commerçants qui n’avaient pas hésité à doubler, voire tripler leurs prix. Ces derniers jonglaient d’un étal à un autre, et heureux celui qui après une longue négociation arrive à acquérir le produit convoité à un prix raisonnable.
Nardjess ne sait pas négocier. Le commerce n’étant pas son domaine, elle se met à remplir son panier d’une variété de fruits et légumes, avant d’arriver au stand des viandes où la mercuriale ici aussi avait atteint le summum.
Nardjess hésita devant un poulet de 3 kg et un gigot en pensant au couscous qu’elle doit préparer pour le vendredi. Elle se décida enfin pour le gigot. 
Le boucher s’avance en s’essuyant les mains à un tablier aussi rouge que sa viande. Il se saisit du gigot suspendu à un crochet, et allait le peser quand un vieil homme s’avance vers lui en lançant d’un air grognant :
-Eh, mais que fais-tu là, boucher ? Je t’avais bien demandé de me garder ce gigot !
-Oui, mais depuis ce matin tu ne cesses de tourner sans pouvoir te décider, voilà trois fois que tu repasses devant mon étal. Je vais bientôt fermer boutique et je n’ai pas l’intention de gaspiller le dernier morceau de viande qui me reste. Cette dame n’a pas hésité, elle veut ce gigot et je vais le lui vendre.
-Mais moi aussi je veux ce gigot ! Ma femme va être furieuse si je rentre sans un bon morceau de viande pour le f’tour.
-C’est ton affaire, pas la mienne.
Le boucher se tourne vers Nardjess et lui tend le gigot bien emballé dans un papier glacé.
-3,500 kg, madame. Cela vous fait 2800 DA.


(À SUIVRE)
Y. H. 

 y_hananedz@yahoo.fr
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