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A la une / Des Gens et des Faits

10e partie

Ramdaniet

© Dessin/Ali Kebir

LE MARCHÉ (2e partie et fin)
Résumé : Nardjess se rend au marché pour s’approvisionner. Elle est devant l’étal de viande où elle opte pour un gigot. Un vieil homme arrive sur les lieux et tente de persuader le boucher de lui vendre ce même morceau de viande.

Nardjess prend sa viande et s’apprête à payer, lorsque l’homme qui n’avait pas quitté les lieux intervient. 
-Madame, je vous en supplie, laissez-moi ce gigot. 
-Mais monsieur, je... 
-Allez acheter un gigot ailleurs, intervient le boucher qui, brandissant son index, lui intimait l’ordre de s’éloigner au plus vite. 
-Non, je veux ce gigot, réplique l’homme. C’est celui-là que je veux, pas un autre. 
-Tant pis pour vous. Vous n’aviez qu’à le prendre ce matin.
-Je sais, mais il n’est pas trop tard, si cette dame...
-Cette dame l’a déjà pris, réplique le boucher d’une voix forte. Prends donc autre chose. J’ai encore un poulet, du foie, des merguez et deux steaks que je voulais garder pour moi, mais que je n’hésiterais pas à te vendre 
-Non, je ne veux rien de tout ça, c’est le gigot que je veux.
L’homme se prend la tête entre les mains et se met à sangloter.
-Je veux ce gigot, hé, hé, hé, je veux ce gigot. 
Nardjess est intriguée. Elle jette un coup d’œil au vieil homme qui ne semblait pas avoir toute sa raison et eut pitié de lui. 
Sans plus attendre, elle lui tend le gigot. 
-Monsieur, si vous le voulez tant prenez-le. 
Il relève la tête vers elle. 
-Vous êtes sûre ?
-Mais oui, bien sûr.
Tenez, prenez le gigot et cessez 
de pleurer, voyons !
Une foule s’était formée, et Nardjess qui n’avait pas l’habitude de se donner en spectacle se sentit bien gênée. L’homme s’essuie les joues et prend le gigot, avant de lancer d’une voix rauque : 
-Avec cette bonne viande, j’aurais droit non seulement à une chorba, mais aussi à un bon couscous. 
Il passe une main sur son ventre. 
-Ah ! le couscous ! 
J’en rêve la nuit !
Ses yeux brillaient d’un éclat étrange, et Nardjess remarqua le tremblement incessant de ses mains. Soudain, deux agents de l’ordre surgirent et se saisirent de l’homme qui, à la leur vue, fut pris d’un rire hystérique. 
Nardjess suivait la scène, les yeux exorbités, sans pouvoir prononcer un mot.
-Nous sommes désolés pour ce désagrément madame, dit l’un des agents. Cet homme s’est échappé d’un asile psychiatrique, nous le cherchons depuis ce 
matin !
La jeune femme ne savait plus quoi penser ni quoi répondre. La foule se disperse enfin, et le boucher lui rend son gigot.
-Cela explique bien des choses, ma bonne dame. Je savais que cet homme n’était pas normal. 
Nardjess s’empressa de payer et de quitter les lieux. Dire que cela s’est passé au marché, lors de sa journée de repos !
 

Y. H. 
y_hananedz@yahoo.fr
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