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Économie / Dossier economique

Sonatrach

Des rapports difficiles avec la tutelle

©D. R.

Les managers de la compagnie pétrolière nationale n’ont pas toujours eu les coudées franches.

Au-delà de leurs compétences intrinsèques et de leurs mérites, les différents managers de Sonatrach ont toujours eu une marge de manœuvre étroite, dans la mesure où les orientations et options énergétiques sont fixées par le ministre de tutelle. Les managers de Sonatrach n’ont pas toujours eu une capacité d’action évidente. Durant la décade 1980, plusieurs managers de Sonatrach, généralement issus du secteur énergétique, se sont succédé à la tête de la société pétrolière et ont mis en œuvre un programme de restructuration de la compagnie et le développement progressif du partenariat à l’international. Durant la décade 1990, d’autres ont bien poursuivi l’action, nonobstant le contexte sécuritaire, politique et social prévalant alors. Ces managers ont pu exercer leurs fonctions de manière quelque peu autonome. Mais il est bien établi que que le management de Sonatrach a été assez instable. Une période où la compagnie a connu un management sans autorité réelle sur le groupe, le ministre étant le gestionnaire de fait de l’entreprise. En effet, avec l’arrivée en tant qu’intérimaire à la tête de l’entreprise de Chakib Khelil, alors ministre de l’Énergie et des Mines, depuis la fin 1999, c’est une intense politique de restructuration sectorielle, de libéralisation et d’ouverture à l’international qui s’est engagée. Jusqu’à janvier 2010, sous l’autorité d’un ministre omniprésent, la compagnie pétrolière a poursuivi la stratégie d’intensification de la production, de libéralisation sectorielle à la faveur des amendements de la loi des hydrocarbures. Une politique que certains qualifieront de destructrice, dangereuse pour la préservation des intérêts de la compagnie. Une période également marquée par de multiples affaires de corruption et de malversations impliquant d’une certaine manière le staff dirigeant de la compagnie et même le ministre de tutelle, et qui ont provoqué début 2010 la démission du PDG Mohamed Meziane et la mise en place d’une direction intérimaire pendant cinq mois, assurée par le vice-président Aval de l’époque, Abdelhafidh Feghouli, mais sans influence réelle sur l’activité de l’entreprise. Depuis ce sont quatre PDG qui se sont succédé à la tête de la compagnie nationale. Lors de l’installation, le 25 mai 2015, d’Amine Mazouzi comme PDG de la Sonatrach, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a clairement fixé les nouvelles règles du jeu. “Il n’y aura plus d’ingérence dans la gestion de Sonatrach, qui doit être du ressort des seuls cadres du groupe”.
Donc pas d’ingérence du politique dans la gestion opérationnelle, technique et commerciale de Sonatrach, à commencer par celle du ministère de tutelle. Le récent bras de fer qui a opposé le ministre Salah Khebri et le PDG de Sonatrach renseigne sur la difficulté pour un manager de s'imposer dans le cadre de ses prérogatives face à un ministre omniprésent. Même si, dans ce bras de fer, c’est le PDG qui en sort vainqueur, la question de l’autonomie de gestion n’est pas pour autant réglée.

S. S.


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