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Économie / Dossier economique

Mohamed Betata, Président de l’Agence nationale de valorisation des hydrocarbures Alnaft, à Liberté

“Des réserves de près de 10 milliards de barils de pétrole identifiées”

©Liberté

Dans cet entretien, le premier responsable d’Alnaft dresse le bilan en particulier de ses activités d’approbation des plans de développement de gisements de pétrole et de gaz depuis 2010. Il indique que 40 milliards de dollars d’investissements dans le développement de gisements en Algérie ont été projetés au total au cours des six dernières années.

Liberté : Pouvez-vous dresser le bilan 2015 d'Alnaft en termes d'approbation de plans de développement de gisements par Sonatrach seule et ceux en partenariat et le montant des investissements prévus ?
Mohamed Betata :
Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier et, à travers vous, le journal que vous représentez, pour l’intérêt que vous portez à Alnaft. Commençons par rappeler à vos lecteurs qu’un plan de développement constitue, simultanément, un aboutissement d’un processus de recherche. C’est un aboutissement par rapport à une première étape, pouvant durer plusieurs années ; elle comprend les travaux de prospection, d’exploration et de délinéation des découvertes mises en évidence.
En effet, lorsqu’un opérateur réalise une découverte commerciale, et s’il souhaite la développer, il doit soumettre à Alnaft un plan de développement ; l’examen de ce dernier fait partie des principales tâches d’Alnaft, dans la mesure où l’opérateur ne pourra poursuivre les travaux lui permettant d’atteindre la phase d’exploitation qu’après avoir obtenu une approbation par Alnaft du plan de développement soumis. Pour revenir à l’essentiel de votre question, notez que durant l’année 2015, Alnaft a eu à examiner neuf plans de développement (POD).  Ils ont tous été approuvés et portent sur les projets en partenariat avec Sonatrach. Le niveau d'investissement global projeté pour le développement des gisements concernés avoisine les 400 millions US$.  

Quelles sont au total les estimations de production annuelle et les réserves de pétrole et de gaz attendues de la mise en service de ces gisements?
Les neuf plans de développement approuvés par Alnaft recèlent des réserves de pétrole avoisinant les 250 millions de barils avec une production globale attendue de l’ordre de 20 millions de barils par année et de 10 millions de condensat.

Quel est le nombre de plans de développement approuvés depuis 2010, le montant des investissements planifiés, la production globale de pétrole et de gaz attendue et les estimations de réserves de pétrole et de gaz au total figurant dans ces plans ?
Tout d’abord, il y a lieu de faire la distinction entre les plans de développement initiaux qui interviennent juste après la fin de la période de recherche et les plans de développement révisés. Depuis 2010, Alnaft a eu à examiner et à approuver 172 plans de développement, dont 66 plans initiaux et 106 plans révisés.  Le montant des investissements correspondant à ces plans de développement avoisine les 40 milliards US $. Ces investissements se répartissent comme suit :

  • près de 22 milliards US $ portent sur les plans révisés, et
  • plus de 18 milliards US $ portent sur les plans initiaux.

Il y a lieu de noter que les volumes correspondant aux réserves en place sont beaucoup plus importants que ceux des réserves récupérables. Par conséquent, toute nouvelle technique ou technologie permettant d’améliorer le coefficient de récupération permettrait une révision à la hausse des réserves récupérables.
 
Quelles sont les premières conclusions des évaluations du potentiel gazier et pétrolier des différents bassins au sud-est et sud-ouest du pays, en un mot sur l'avenir pétrolier et gazier de l'Algérie ?
En notre qualité d’acteur chargé, entre autres, de la promotion du domaine minier national, nous avons œuvré pour booster l’attractivité de ce dernier à travers un certain nombre de mesures. Outre les mesures incitatives, apportées par les derniers amendements à la loi sur les hydrocarbures, nous avons effectivement lancé des études pour l’évaluation du potentiel gazier et pétrolier des différents bassins du domaine minier national, dont ceux du sud-est et du sud-ouest du pays. Pour revenir aux zones citées dans votre question, il faut savoir que nous n’avons pas fini d’évaluer tout le potentiel du domaine minier national, dont l’évaluation réelle ne fait que commencer dans quelques régions.  Les zones ayant fait l’objet de travaux d’évaluation révèlent déjà un potentiel important en hydrocarbures tant conventionnels que non conventionnels, que ce soit pour les liquides ou pour les gaz. Concernant les hydrocarbures non conventionnels, les évaluations préliminaires révèlent des volumes en réserves prouvées et techniquement récupérables avoisinant les 30 trillions de mètres cubes pour le gaz et près 10 milliards de barils pour le pétrole. Pour ce qui est des hydrocarbures conventionnels, nous avons annoncé à plusieurs occasions (et tous les spécialistes de la zone MENA le savent) que notre sous-sol est encore peu exploré. Ceci dit, nous continuons de mobiliser l’ensemble de nos efforts pour améliorer significativement le taux de couverture de notre vaste et riche domaine minier à travers l’intensification de l’effort d’exploration. La compagnie nationale Sonatrach œuvre également dans ce sens et est prête à mettre sur le terrain tout son savoir-faire et toute son expérience, seule ou en partenariat, en vue de renforcer les réserves déjà existantes, par de nouvelles découvertes d’hydrocarbures, en continuant les opérations de recherche dans les vastes zones non encore explorées du domaine minier national.

Quel a été l'effort d'ALNAFT en termes de formation du personnel spécialisé dans l'amont, dans le recrutement de cadres à fort potentiel  ainsi que dans  le management depuis 2010 ?
Notre agence, en l’occurrence ALNAFT, n’est donc pas en reste de ce qui se fait au sein de ses consœurs, à travers le monde. Malgré les quelques années d’existence, nous pouvons dire que l’agence ALNAFT est encore jeune ; mais cela ne nous a pas empêché d’agir dans le sens de l’amélioration de notre ressource humaine, aussi bien en qualité, notamment par la formation dans les métiers au cœur des activités du secteur des hydrocarbures, qu’en effectif, notamment le nombre de cadres spécialisés dans l’amont pétrolier, la fiscalité, les finances, sans oublier le domaine juridique.

L’étendue de notre territoire, dont la superficie de son domaine minier dépasse les 1,5 million km², et les ressources énergétiques autant importantes que diversifiées qu’il recèle, exigent un effort qualitatif en vue de leur maîtrise et de leur développement ; ceci implique un nombre d’opérateurs de plus en plus croissant, induisant un apport technologique conséquent avec davantage d’échanges d’expériences entre les entreprises nationales et les compagnies internationales.

Vous avez donc raison d’évoquer cette pertinente question portant sur la formation de la ressource humaine et le recrutement de cadres à fort potentiel, car nous considérons, effectivement, que nous ne devons pas nous soustraire, d’une part, au développement des technologies et techniques utilisées dans le cadre de l’exécution des contrats conclus et d’autre part, à la voie de modernisation de l’agence ALNAFT, dont l’effort continu pour la participation active à l’amélioration du cadre légal et réglementaire régissant les contrats recherche et exploitation des hydrocarbures. Pour améliorer donc cette ressource humaine, aussi bien qualitativement que quantitativement, nous orientons nos efforts selon plusieurs axes dont, essentiellement :

1 - Dotation en ressources humaines qualifiées par :

  • Le recrutement d’un personnel expérimenté et qualifié, dont les cadres : c’est la première action menée par ALNAFT dès son existence, car il fallait se doter d’une composante humaine capable de se mettre directement au travail, tout en évaluant les besoins immédiats de l’époque.
  • l’amélioration du niveau des capacités techniques du personnel déjà en place, en organisant des formations bien ciblées, effectuées aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. C’est cette action qui dure déjà depuis au moins  trois (3) ans et continuera à se dérouler les prochaines années selon les besoins exigés par l’exercice de chaque tâche.
  • Lancement régulier de campagnes de recrutement, visant à renforcer les équipes existantes, d’une part par des cadres expérimentés dont la compétence aurait été prouvée dans les domaines liés aux activités d’ALNAFT et, d’autre part, par une autre catégorie de cadres n’ayant pas forcément une longue expérience mais dont les résultats obtenus le long de leurs études encouragent à faire subir aux candidats concernés des formations complémentaires appropriées, selon les tâches qu’ils seront amenés à effectuer. Pour cette dernière catégorie, nous envisageons de coopérer avec l’université algérienne dans le cadre d’accords et de conventions. A ce titre, une convention cadre dans ce sens est déjà signée avec l’USTHB consacrant ainsi la création du master « reservoir engineering » pour la première fois en Algérie. La première promotion, composée de plus de vingt (20) masters est prévue pour cette année.

2 - Amélioration des moyens matériels. A titre indicatif, il y a lieu d’acquérir de nouveaux équipements informatiques et de nouveaux logiciels, notamment ceux destinés au renforcement de l’efficacité de la Banque de données nationale d’ALNAFT. Cette action sera accompagnée par un choix adéquat de la documentation technique (codes, normes, standards) à mettre à la disposition de l’ensemble du personnel. Ajoutons à cela l’élargissement de l’espace physique en prévision d’une dotation en nouveaux bureaux et micro-ordinateurs destinés à la future composante humaine. C’est justement dans ce cadre que nous avons procédé à l’acquisition d’un nouvel immeuble dont les travaux d’aménagement sont en cours.

3 - Amélioration de l’organisation et du fonctionnement internes, à commencer par la finalisation et l’approbation des procédures.

4- Elaboration d’un plan de carrière (fidélisation, mesures incitatives...etc), préparation de la relève en instaurant un système de communication adéquat entre les cadres expérimentés et ceux, plus jeunes, venant des universités pour la transmissions des techniques et du savoir-faire.

5 -L’amélioration des procédures de travail, la circulation des documents, la sauvegarde et l’archivage font également partie de nos soucis permanents.

6 -Formation de tout le personnel concerné par l’utilisation des données existant au niveau de la Banque de données nationale d’ALNAFT.

 

 

K. R.
 


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