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Économie / Dossier economique

Système bancaire algérien

Faibles performances en matière de financement

© D.R.

Le système bancaire algérien demeure peu développé, réprimé et constitue un obstacle à la croissance, et ce malgré les nombreuses réformes engagées par l’état ces dernières années.

En absence d’un marché financier solide (bourse léthargique, inexistante de fonds d’investissements publics ou privés), les banques censées être le moteur de l’investissement marquent le pas. Selon un expert en la matière, l’Algérie ne possède pas de banques d’investissement. Il n’y a que des banques de dépôt. Ce constat, selon lui, s’applique autant pour les banques publiques que privées.
Ce sous-financement de l’économie est dû en grande partie au fait que les banques ont tendance à surestimer le risque associé au financement des entreprises, ce qui se traduit par l’insuffisance des prêts. Plus explicite, l’expert indique que les banques publiques ne prennent aucun risque avec les porteurs de projets. Dans la quasi-majorité des cas, elles demandent des garanties dissuasives. À ce tableau, il faut ajouter des banques privées qui, pour nombre d’entre elles, se sont intéressées principalement au financement du commerce extérieur dans le sillage de l’obligation du recours au crédit documentaire. Notre interlocuteur souligne que ces banques, exclusivement étrangères, ont mis le paquet dans le financement du commerce extérieur qui a fait leur bonheur. La preuve, ajoute-t-il, dans ces banques on ne trouve que des analystes financiers qui n’ont une  connaissance fine  des secteurs porteurs d’investissement productif tel l’industrie.  Jusqu’en 2012, les surliquidités ont noyé les banques et pour cause, l’absence de la culture de projets. Ces surliquidités ont été épongées par des dispositifs de crédits style Ansej et Cnac, tandis que le financement de l’investissement productif peine à décoller. Au jour d’aujourd’hui, dans une conjoncture de manque de liquidités, l’État algérien envisage la recapitalisation de ses banques publiques en 2017. Une façon de revenir à la situation d’avant 2012. Mais sans effet, si cette recapitalisation ne booste pas le financement de l’investissement productif. Par ailleurs, cette recapitalisation annonce-t-elle le recul des pouvoirs publics par rapport à l’ouverture du capitale des banques publiques ? Les autorités avaient déjà envisagé d’ouvrir le secteur bancaire aux capitaux étrangers en 2007, lorsqu’elles avaient annoncé la privatisation du Crédit populaire d’Algérie (CPA). Sans succès. Selon le collectif Nabni, le vrai levier, pour le système bancaire, est qu’il  faut équilibrer la situation qui donne la majorité des actifs au secteur public. Cette situation n'est pas normale. Il faut en réalité, couper le cordon entre les banques et l'exécutif. Ce que propose Nabni c'est d'introduire une bonne partie des banques en bourse d'ici 2020. Cela permet une transparence ainsi que remettre de la normalité. Il est vrai que, depuis plusieurs années, le système bancaire algérien a fait l'objet de plusieurs ajustements. Le financement des entreprises était parmi les défis auxquels le gouvernement a tenté de faire face pour en faire un pilier de sa politique économique.
Malheureusement, cette réforme du système bancaire  algérien peine à porter ses fruits. Mis à part les aménagements dont ont fait l'objet pratiquement toutes les agences bancaires et l'installation de distributeurs automatiques de billets de banques dont on signale des dysfonctionnements récurrents, force est de constater qu'aucune action innovante majeure ne permet d'affirmer que nos banques sont entrées dans la modernité.  


S. S.


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