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Économie / Dossier economique

DIALOGUE ÉCONOMIQUE

Faire semblant !

1986 et 2016 resteront les deux moments marquants de l’évolution de la politique économique de l’Algérie contemporaine. Quel sera le devenir de notre nation en 2017 après 30 ans d’écart entre ces deux dates ?

En 1986, après la chute vertigineuse des cours du pétrole, nous étions en quasi-rupture de paiements, ce qui nous avait contraints de passer sous “les fourches caudines” du FMI. 2016, bien que caractérisée par le même scénario en trente ans d’écart, deux amortisseurs, en l’occurrence nos réserves de changes et le fonds de régulation des recettes, ont réduit quelque peu le choc pour au moins, dit-on, deux années. Désormais il ne s’agit plus d’épiloguer sur la responsabilité des pouvoirs publics dans le “ratage” des opportunités qui nous étaient offertes avec un baril à 120 dollars, bien qu’elle soit entièrement engagée dans leur mode de gestion, de gouvernance et des dépenses publiques (dont la cour des comptes, dans son dernier rapport, relève les dysfonctionnements ainsi que les réévaluations des projets de façon alarmante). Certains experts estiment ces dépenses à plus de 850 milliards de dollars durant les différents plans de développement. Il y a lieu aujourd’hui d’appréhender la gravité de la situation. Il y a d’abord le projet de la loi de finances 2017 avec son avalanche de mesures d’augmentation des taxes, notamment la TVA, que l’opposition rejette et que beaucoup d’observateurs jugent anti-sociales, parce qu’elles tendent à faire supporter le poids de la crise aux couches moyennes et les catégories sociales les plus vulnérables. Le chef de l’État, de même que son Premier ministre, tout en soulignant la gravité de la crise, affirment que la politique sociale de l’État sera poursuivie. Le projet de loi de finances 2017, qui sera débattu au sein des deux chambres du Parlement, soulève d’ores et déjà des questionnements de nature fondamentalement politique. Au-delà des aspects techniques et financiers contenus dans le projet de loi, des questionnements politiques, longtemps refoulés, relatifs au projet de société que les Algériens veulent construire, apparaissent au grand jour. C’est de bon augure. La crise aura servi au moins à cela. S’il est normal que les pouvoirs publics prennent des mesures pour parer à la crise, faudrait-il aussi qu’ils disent la vérité aux Algériens. Apparemment, le message du président de la République a été mal compris. Jamais un projet de loi de finances n’a soulevé autant d’interrogations, voire de contestations. Qu’il s’agisse de la hausse des taxes, des prix du carburant, du gaz et de l’électricité, qui impacteront inéluctablement le pouvoir d’achat des citoyens, notamment les couches moyennes et celles les plus vulnérables, et surtout du délestage des subventions générales pour s’orienter vers des soutiens ciblés via l’établissement d’une cartographie des ménages nécessiteux, ce qui suppose l’élaboration de mécanismes et des modalités d’application qui demanderont beaucoup de temps.
L’opinion publique n’est pas dupe. Elle sait que le pouvoir veut lui faire supporter le coût de la crise. Bien entendu qu’il faut sortir du financement de l’investissement et de la relance de la croissance par le Trésor public  en mobilisant les ressources de la sphère réelle, mais pour cela, il faut une volonté politique axée notamment sur le dialogue et la concertation avec les partenaires socioéconomiques ainsi qu’une amélioration du mode de gouvernance. Malheureusement, nous ne sommes pas dans ce cas de figure. Et la dernière rencontre du Premier ministre avec le SG de l’UGTA et le président du FCE s’est tenue dans l’opacité la plus totale. Et voilà que nous découvrons une organisation syndicale loin des préoccupations des travailleurs pour endosser le rôle de bureau d’études et d’expertise économique. Elle cède ainsi le terrain aux syndicats autonomes qui animeront forcément la contestation sociale. Le mouvement des chômeurs qui se dessine n’est qu’un signe avant-coureur d’embrasement généralisé. L’année qui s’annonce sera difficile.
Des frustrations légitimes que les citoyens ressentent, parce qu’ils sont mis à l’écart de ce qui se trame contre eux, sont porteuses de tous les risques. Dites la vérité aux Algériens et arrêtez d’afficher des consensus de façade.


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