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Économie / Dossier economique

Mourad Preure, expert pétrolier international et président du cabinet Emergy

“Il faut d’abord de la transparence”


L’expert pétrolier international algérien Mourad Preure s’exprime, dans cet entretien, sur la décision prise d’ouvrir le secteur de l’énergie aux privés nationaux. Il estime qu’on aurait dû faire cela depuis longtemps.

Liberté : Le ministre de l’Énergie vient d’annoncer l’ouverture de son secteur aux privés nationaux. Quelle  analyse faites-vous de cette décision ?
Mourad Preure
: Ouvrir le secteur des hydrocarbures est un grand mot qui suppose qu’on ouvre le secteur de l’exploration et l’exploitation. Mais, comme on le sait, l’exploration et l’exploitation nécessitent beaucoup d’investissements. Force est de constater qu’il n’y a pas de privés nationaux capables d’investir dans ce domaine. Maintenant, est-ce que cette ouverture est une bonne chose ? La réponse est qu’on aurait dû faire cela depuis longtemps. Si on prend comme exemple la Mer du Nord, le nombre de sociétés qui se sont développées dans le sillage du développement des hydrocarbures dans la région est énorme. Par ailleurs, les universités de la région qui étaient à la traîne dans le domaine sont devenues des références mondiales dans la géologie et l’industrie pétrolière. Il n’est pas normal que Sonatrach n’ait pas un réseau de PME spécialisées autour d’elle. C’est de l’import substitution. C’est aussi l’acquisition de savoir-faire. Un savoir-faire qui pourrait être vendu dans d’autres pays. La question de la préférence nationale doit être centrale. Sonatrach doit exercer un effet de rayonnement sur les PME. C’est une stratégie centrale. Il n’est pas également normal que des universités comme celle de Ouargla et Adrar, par exemple, n’aient pas de département technologie pétrolière, gazière ou tous ce qui touche au secteur de l’énergie, comme les renouvelables et autres. Sonatrach doit également encourager les liens entre les universités et les entreprises. Elle doit aussi inciter les partenaires étrangers, à travers des clauses dans les contrats, à aller vers des partenariats avec des entreprises algériennes. Les grandes entreprises algériennes activant dans les domaines de la sidérurgie, mécaniques, entre autres, doivent participer à l’industrie pétrolière.

Quelles sont, selon vous, les limites et les enjeux de cette ouverture du secteur de l’énergie ?  
Pour ce qui est des limites, il est évident que cette ouverture ne peut concerner l’exploration et l’exploitation. Premièrement, ce n’est pas possible compte-tenu de l’ampleur des investissements à consentir et, deuxièmement, l’investisseur devra attendre dix années avant d’espérer avoir ses bénéfices. Néanmoins, tout le secteur des services est concerné par cette ouverture. Le secteur des services est énorme. Il y a beaucoup de choses à faire et de savoir-faire à acquérir. Les entreprises algériennes pourraient, une fois ce savoir-faire acquis, s’exporter. Mais pour cela il faut qu’elles soient aux standards internationaux. Et c’est en travaillant avec Sonatrach et ses partenaires étrangers qu’elles pourront se mettre à ces standards internationaux. Quant aux enjeux de cette ouverture, en premier, l’enjeu est financier. Ce sont des services qui seront payés en dinars. Cela va permettre de diminuer les importations et de baisser la facture de ces dernières. Ce dont nous avons besoin actuellement. Ensuite, cela va permettre aux entreprises d’acquérir un savoir-faire, créer des emplois et insuffler une dynamique industrielle et technologique.  

Selon vous, comment devra se faire cette ouverture du secteur aux privés ?
Il faut d’abord de la transparence. C’est-à-dire que toutes les entreprises aient la possibilité de travailler avec Sonatrach. Tout le monde doit avoir la chance de connaître les programmes de Sonatrach. Pour cela, il faut organiser des assises de la sous-traitance. Selon les moyens et les compétences de chaque entreprise, la sélection doit se faire dans la transparence pour retenir les meilleurs qui auront à s’inscrire dans la dynamique et être parrainés par Sonatrach. C’est une démarche directive qui devra être adoptée.   

S. S.



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