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Économie / Dossier economique

Nordine AÏt Laoussine, ancien ministre de l’énergie, consultant pétrolier, à “Liberté”

“Il faut espérer que les promesses de réduction seront respectées”

© D.R.

Le spécialiste pétrolier, dans cet entretien, analyse à grands traits l’accord finalement trouvé entre les membres de l’Opep.

Liberté : Les quatorze pays membres de l’Opep se sont entendus, mercredi dernier à Vienne, sur la manière de restreindre leur production à 32,5 millions de barils par jour, dans le bas de la fourchette annoncée à Alger en septembre. L’organisation pétrolière a ainsi consenti un effort considérable, correspondant à une baisse de 1,2 million de barils par jour. Comment commentez-vous cet accord ?
Nordine Aït Laoussine : L’accord récent de Vienne constitue la première étape de la mise en œuvre du compromis d’Alger. Les ministres ont en effet, non sans mal, réussi à répartir entre les pays membres l’effort de réduction visé par l’accord d’Alger devant aboutir à un plafond global de 32,5 millions de barils par jour, applicable à compter du 1er janvier 2017 pour une période de six mois. Il faut maintenant espérer que les promesses de réduction seront effectivement respectées. C’est cette deuxième étape qui nous dira si l’on se dirige réellement vers un marché plus équilibré et si la remontée récente des cours sera sauvegardée.

L’Arabie Saoudite semble avoir adopté une approche pondérée à l’égard de l’Iran. Cela aura permis d’aplanir les divergences séparant les membres de l’organisation pétrolière, et de parvenir, in fine, à un accord. Que s’est-il passé, selon vous, pour que, tout à coup, le royaume change de position ?
L’accord d’Alger et sa mise en œuvre n’ont été possibles que parce que l’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe ont admis, sans l’avouer de façon explicite, que la stratégie de défense de parts de marché n’a pas produit, dans des délais raisonnables, les résultats escomptés en termes de revenus pétroliers. La stratégie saoudienne, consistant à accepter des sacrifices à court terme pour récolter des gains à long terme, a échoué (voir l’interview publié dans vos colonnes en décembre 2014). Cette stratégie n’a pas mis fin à l’excédent de l’offre et à la grande volatilité du prix du pétrole. Le royaume Wahhabite n’a donc pas été épargné par l’effondrement des cours à un moment où il a besoin de ressources financières substantielles pour mener à bien son ambition de diversifier son économie nationale.

L’Arabie Saoudite, chef de file de l’Opep, fera-t-elle respecter cet accord ?
L’expérience vécue depuis la mise en œuvre des accords de production au sein de l’Opep depuis les années 1980 a démontré que ces accords n’ont pas été systématiquement appliqués par l’ensemble des pays membres.
Certains pays, notamment les membres du GCC et plus particulièrement l’Arabie Saoudite, ont globalement respecté la discipline de production alors que d’autres l’ont souvent ignorée. Les limites de production convenues au sein de l’Organisation ne constituent rien d’autre que des objectifs assignés à chaque pays membres dans l’intérêt de la collectivité.
L’Arabie Saoudite ne peut pas imposer le respect de la discipline de production même si elle le souhaite ardemment. Elle peut, par contre, menacer de se désolidariser de l’effort de réduction en cas de non-respect des objectifs fixés, notamment de la part de ses concurrents directs, de l’Iran et de l’Irak en particulier.

Une réunion se tiendra le 9 décembre prochain avec les non-Opep, à Doha. Pensez-vous, Monsieur le Ministre, que ces pays sont disposés à se joindre aux efforts de l’Opep ?
Selon le secrétariat de l’Opep, la contribution des pays non-Opep à l’effort de réduction fait partie intégrante de l’accord de Vienne dont les objectifs chiffrés sont basés sur une contribution non-Opep de 600 000 barils par jour dont la moitié proviendrait de la Russie. Si tout ou partie de cette contribution devait faire défaut, l’accord de Vienne devrait, en principe, être modifié ou retardé. La réunion de Doha du 9 décembre prochain nous éclairera à ce sujet.
Quoi qu’il en soit, il ne faudrait pas s’attendre à une contribution effective de la part des pays non-Opep mais tout au plus à un gel de leur niveau de production actuel.
Cette attitude ne modifiera pas, outre mesure, l’état prévisible des fondamentaux du marché pétrolier à court terme, à savoir la persistance d’un excédent de l’offre mondiale au cours du premier semestre 2017 qui empêcherait une amélioration notable des cours actuels du Brent de l’ordre de  55 dollars  le baril.


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