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Économie / Dossier economique

Ce qui attend les algériens

Inquiétudes et interrogations

En 1986, après la chute vertigineuse des cours du pétrole, nous étions en quasi rupture de paiements, ce qui nous avait obligés de passer sous “les fourches caudines” du FMI, avec un taux d’endettement de 80% de notre PIB, un taux de chômage de près de 25%, une inflation à deux chiffres… 2016, bien que caractérisée par le même scénario en trente ans d’écart, deux amortisseurs, en l’occurrence nos réserves de changes et le fonds de régulation des recettes, ont permis de résister à ce choc pour au moins un temps. Mais, entretemps, notre pays a accompli de grandes réalisations socioéconomiques (infrastructures de base, logements, santé, éducation etc.) que beaucoup nous envient. Aussi, il convient aujourd’hui d’appréhender sereinement la gravité de la situation. Il y a d’abord la loi de finances avec son avalanche de taxes et d’autres mesures parafiscales et d’augmentation des prix de certains produits et services que l’opposition rejette et que beaucoup d’observateurs jugent anti sociales. Parce qu’elles tendent à faire supporter le poids de la crise aux seules couches moyennes et les catégories sociales les plus vulnérables. Le projet de loi de finances 2017, débattu au sein des deux chambres du Parlement, soulève moult questionnements. Au-delà des aspects techniques et financiers contenus dans la loi, des questionnements politiques, longtemps refoulés, relatifs au projet de société que les Algériens veulent construire en référence à la déclaration du Premier Novembre 1954, apparaissent au grand jour. S’il est normal que les pouvoirs publics prennent des mesures pour parer à la crise, faudrait-il pour autant qu’ils disent la vérité aux Algériens.
Or toutes les mesures s’échafaudent et se “trament” dans l’opacité totale. Jamais un projet de loi de finances n’a soulevé autant d’inquiétudes, d’interrogations, voire de contestations. Qu’il s’agisse de la hausse de la TVA, des prix du carburant, du gaz et de l’électricité, qui impacteront inéluctablement le pouvoir d’achat des citoyens et notamment celui des couches moyennes et des plus vulnérables, de l’absolution des entreprises de réinvestir une partie de leurs bénéfices et des taxes dont elles sont exonérées, ainsi que le délestage annoncé des subventions générales pour s’orienter vers des soutiens ciblés via l’établissement d’une cartographie des ménages nécessiteux. Tout cet arsenal ne manquera pas d’accentuer le rejet des Algériens à l’encontre de leurs gouvernants. L’opinion publique n’est pas dupe. Elle sait que le pouvoir veut lui faire supporter le coût de la crise. Tout le monde convient à penser que dans de telles conditions, l’année 2017 sera porteuse de gros risques de troubles sociopolitiques. Les mouvements qui se dessinent dans la zone industrielle de Rouïba, à travers notamment la gronde au sein de la SNVI, le mécontentement des chômeurs de Ouargla, les grèves cycliques dans l’enseignement, etc, ne sont que des signes avant-coureurs d’une contestation sociale plus large. Bien entendu qu’il faut sortir du financement de l’investissement et de la relance de la croissance par le trésor public en mobilisant les ressources de la sphère réelle, mais pour cela, il faut une volonté politique ainsi qu’une amélioration du mode de gouvernance. Malheureusement nous ne sommes pas dans ce cas de figure. Mais il faut garder espoir. Notre pays est plein de ressources qui lui permettront de sortir du marasme annoncé. L’année qui s’annonce sera certes difficile. Et même s’il y a des frustrations légitimes que les citoyens ressentent ; au-delà des luttes politiques et clanales sourdes qui se jouent autour de la prise du pouvoir, la solidarité nationale doit prévaloir au dessus de tout, par ce qu’il s’agit de notre stabilité et du devenir de notre nation dans un environnement international agité. C’est pourquoi il faut anticiper les événements en identifiant les inconnues d’une équation qui peut se traduire par des aventures dangereuses.            

A. H.


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