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Économie / Dossier economique

Financement et accompagnement des exportations

La réglementation des changes, principal obstacle

Malgré l’assouplissement des conditions, les exportateurs estiment que l’accompagnement financier reste insuffisant.

Sur le papier, les conditions d’accompagnement des exportateurs algériens en matière de préfinancement des exportations, d’assurance des exportations, et de réglementation des changes semble avoir progressé sensiblement au cours des dernières années.
La plupart des banques algériennes, particulièrement celles qui sont les plus actives dans le commerce extérieur, proposent ainsi depuis déjà quelques années des crédits destinés au préfinancement des exportations qui permettent de couvrir jusqu'à 80% du montant des dépenses liées à l’opération d’exportation dans le but de soulager la trésorerie des entreprises concernées.
Le Fonds spécial de promotion des exportations (FSPE) est également destiné à apporter un soutien financier aux exportateurs dans leur action de promotion et de placement de leurs produits sur les marchés extérieurs. Créé en 1996, il prend en charge le remboursement d’une partie (entre 30 et 65%) des dépenses des entreprises exportatrices au titre de la participation aux foires à l’étranger et 25% des frais de transport, de transit et de manutention liées aux opérations d’exportation.
En matière d’assurance, la Cagex, filiale des banques publiques algériennes, propose des contrats qui couvrent, soit l’ensemble du chiffre d’affaires annuel à l'exportation réalisé par l’exportateur soit une opération ponctuelle d’exportation, contre le non-paiement des créances résultant de l’insolvabilité ou la carence d’un acheteur.

Un contrôle des changes assoupli …
La réglementation des changes a également fait l’objet de plusieurs assouplissements au cours des dernières années. Les délais de rapatriement, longtemps fixés à 120 jours, ont été portés récemment à 180 jours. La rétrocession des recettes d’exportation a également été modifié dans un sens plus favorable aux exportateurs et prévoit désormais l’inscription de 50% du montant en compte dinars, 30% du montant en compte devise personne morale et 20% du montant en compte devise qui peut être utilisé à la discrétion de l’exportateur.
Dans le même sens, un règlement de la Banque d'Algérie, publié en novembre 2014, “autorise” pour la première fois les entreprises algériennes, publiques et privées, à investir à l'étranger en subordonnant toutefois l’accès au financement de la Banque d’Algérie à la “complémentarité” de l’investissement réalisé à l’étranger avec une activité déjà existante en Algérie.

… Mais qui reste le principal handicap
En dépit de ces amélioration récentes, le président de l’Association des exportateurs algériens (Anexal) M. Ali Bey Nasri, estime que le blocage principal dont souffre les exportateurs algériens reste “le contrôle des changes orchestré par la Banque d’Algérie et son Conseil de la monnaie et du crédit, qui ne tient pas assez compte des règles et des contraintes du commerce extérieur”. Il dénonce une “approche névrotique de la devise” de la part des organes de régulation qui conduit au sens propre à une “pénalisation de l’acte d’exportation”. Ali Bey Nasri mentionne des cas de “condamnation pour défaut de rapatriement de recettes d’exportation pour des montants dérisoires” et plaide en faveur d’un “règlement commercial et non pénal” de ce genre d’“infractions” qui sont dues le plus souvent “aux conditions du marché et non pas à une quelconque mauvaise volonté des exportateurs”.
De la même façon, le président de l’Anexal juge assez sévèrement la récente réglementation de la Banque d’Algérie en matière d’investissement à l’étranger. Les conditions imposées, notamment celles qui concernent les “montants exportés au cours des 3 dernières années, excluent de fait la quasi-totalité des entreprises exportatrices qui, de ce fait, ne peuvent même pas financer leur approche des marchés extérieurs”. Ali Bey Nasri appelle dans ce domaine aussi les autorités financières algériennes à des “décisions audacieuses” qui doivent permettre à “notre réglementation des changes de se mettre aux standards internationaux”. Dans le même esprit, le représentant des exportateurs algériens regrette que les gains politiques engrangés par l’Algérie en Afrique ne soient pas traduits dans le domaine commercial, indiquant que son organisation a proposé la mise en place de lignes de financement en contrepartie d’achat de produits algériens. “L’externalisation d’un consortium de banques algériennes est devenue un impératif”, juge M. Nasri.


H. H.


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