Économie / Dossier economique

ÉPARGNE

Le bas de laine mollit

Les réserves de change perdent sérieusement de l’élan, conséquemment à la chute des prix du pétrole. Elles se sont établies à 114,1 milliards de dollars au 31 décembre 2016. Le pays ne disposant pas d’autres revenus que ceux provenant du pétrole, la tendance en baisse n’a pas été enrayée. Ainsi, les avoirs en devise ont diminué de 29,9 milliards de dollars sur l’année 2016, contre une baisse de 34 milliards sur celle de 2015, et 34,9 milliards en 2014. Elles sont passées de 178,94  milliards fin 2014 à 144 milliards à fin 2015, et à 114,1 milliards à fin 2016. Cela correspond à une baisse moyenne avoisinant les 30 milliards de dollars par an et les 2,5 milliards de dollars par mois. De fait, le bas de laine mollit et risque d’être épuisé au bout de quatre ans. Et le gouvernement n’y peut rien, parce qu’il n’en a pas les moyens. Il est vrai que l’Exécutif a essayé de faire baisser le volume et la valeur des importations pour préserver les tirelires. Mais il n’y a pas réussi, car il y a des importations incompressibles destinées, entre autres, à l’approvisionnement de l’appareil de production et à l’alimentaire en général. Par ailleurs, le pays  mangeait son pain blanc avec un Fonds de régulation des recettes qui servait de soupape de sécurité aux finances publiques. Le FRR fournissait une marge de manœuvre à la Banque d’Algérie en matière de gestion des réserves de change. Elle prenait garde de ne pas trop tirer sur la corde. Aujourd’hui, le FRR est de l’histoire ancienne. Et tout le monde en avait entendu parler. Ainsi, esseulée, la banque centrale s’est égarée dans les ponctions, et malgré elle, dans des pertes liées aux valeurs des monnaies. En effet, selon certaines statistiques, les réserves de change ont diminué de près de 3,3% du simple fait des variations de la valeur des monnaies dans lesquelles elles ont été libellées. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal assurait, il y a quelques mois, que les réserves de change ne baisseraient pas sous les 100 milliards de dollars à l’horizon 2019. Un pari  difficile à tenir.


Y. S.