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Économie / Dossier economique

En l’absence de l’état

Le diktat des marchés

Les prix au détail de la majorité des produits alimentaires sont en train de connaître des hausses.

Devant l’absence de l’État, le consommateur se plie au diktat des marchés, dont les prix ont sensiblement augmenté sur certains produits, sobrement sur d’autres, depuis le 1er  janvier dernier, date d’entrée en vigueur de la loi de finances 2017. Tout a commencé avec cette disposition à polémique contenue dans cette loi : celle du relèvement du taux de la TVA, qui passe de 7% à 9% pour le taux réduit et de 17% à 19% pour le taux normal. Cette modification des taux “reste sans impact direct” sur les prix de dizaines de produits tels le pain, semoules, farines panifiables, lait, médicaments, sucre, huile à base de soja, fruits et légumes à l'exclusion de ceux importés et ceux commercialisés par des redevables de la TVA (les vendeurs d’étalage dans les marchés et les petits commerçants ne sont pas considérés redevables de la TVA), ainsi que l’explique la Direction générale des impôts (DGI) dans une note diffusée il y a quelques jours. Ainsi, les commerçants qui facturent ce qu’ils achètent auprès des producteurs s’acquitteront de cette TVA pour les produits qui y sont soumis. Évidemment, ils vont la répercuter sur le prix à la revente. Mais, vont-ils le faire dans une marge acceptable ? Souvent, il n’y a pas de marges pondérées. Conséquence, les prix au détail de la majorité des produits alimentaires et autres sont en train de connaître des hausses. Cela peut se vérifier simplement en faisant un tour aux superettes et aux supermarchés et en regardant les produits dans les rayons. Les prix diffèrent d’une superette à l’autre et d’un supermarché à l’autre. Qu’on en juge sur pièce : Ceux de la farine, par exemple, ont augmenté :  le paquet de 1kg se vent ainsi entre 65 dinars et 75 dinars. Le sucre blanc n’est pourtant pas concerné par la majoration de la TVA. Son prix varie entre 90 dinars et 100 dinars. Le kilo de lentilles flambe à plus de 250 dinars, les pois chiches à 340 dinars, voire plus. Un paquet de 500 grammes de pâtes alimentaires qui valait  50 dinars en 2016 est passé dans certains rayons à 60 dinars. Au chapitre détergents, le litre de liquide vaisselle, toutes marques confondues, ne dépassait pas 120 dinars l’année écoulée. Il a grimpé de vingt dinars depuis quinze jours. Au rayon frais, les prix ne se tassent pas non plus : Ail sec (800 dinars le kg), oignon sec (40, à 50 dinars le kg), oignon vert (40 dinars le kg), carotte (70 dinars le kg), navet (80 dinars le kg), tomate (120 dinars le kg), salade laitue (120 le kg), courgette petite verte claire (130 dinars le kg), betterave (70 dinars le kg). Quant aux fruits, certains produits importés se font rares. Et du coup, leur prix a démesurément augmenté. Ainsi, les bananes, soumises à une nouvelle taxe, culminent à 556 dinars le kg, les pommes à 500 dinars. La pomme locale, elle, caracole à 250 et à 350 dinars le kg. S’agit-il là de relèvement aléatoire de prix opéré sous prétexte que le marché est libre ?

Les règles du marché à vau-l’eau
Les règles du marché libre sont partout les mêmes : l’État doit remplir une mission fondamentale qui lui échoit, celle de réguler le marchés, c’est-à-dire qu’il y intervient pour préserver le pouvoir d’achat du consommateur en fixant un prix plafond. De même, il peut soutenir la pérennité des entreprises en déterminant un prix plancher. Maatseki Yassine est manager à Sosémie, une entreprise privée exerçant dans l’agroalimentaire implantée à Blida, explique, dans une déclaration qu’il nous a faite, qu’il n’y a rien de changé dans notre stratégie commerciale et que les prix sortis d’usine sont, pour l’instant, les mêmes que ceux pratiqués en 2016. La TVA à la hausse, explique-t-il, nous allons l’intégrer dans notre comptabilité. Mais, ajoute-t-il, nous n’avons pas touché au prix des produits que nous fabriquons. Je ne comprends pas, s’étonne-t-il, ce qui pousse les gens à “incriminer” cette taxe qui n’aura qu’un léger effet haussier sur les prix. Les consommateurs la dénoncent. Mais, ils se résignent à la hausse, continuant à faire leurs emplettes. La preuve, les grandes surfaces de distribution ne désemplissent pas. Kamel B., cadre dans une entreprise privée, rencontré dans une grande enseigne de distribution (à l’est d’Alger), poussant un caddie en libre service à moitié plein en denrées alimentaires, estime que les prix dans ce supermarché n’ont pas réellement augmenté. Maintenant, poursuit-il, si on regarde les prix sur deux ans (2015 et 2016), il y a effectivement enfièvrement. Toutefois, tempère-t-il, le mal est en nous, avec un dinar dévalorisé et une inflation qui se répercute sur nos salaires. En effet, le taux d’inflation a atteint 6,2% en novembre 2016. Dans cette enseigne, les rayons sont bien achalandés et les produits parlent au cœur des clients. Kamel presse le pas pour faire la queue et payer à la caisse. Ici, la queue s’étire sur des dizaines de mètres… La crise n'est pas passée par là ?

Y. S.


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