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Économie / Dossier economique

Gouvernance

Le “faste” qui révolte les Algériens !

La chute brutale des cours de l’or noir, préditée par les experts et ignorée superbement par les autorités, jusqu’à ce qu’elles soient mises dos au mur, vient rappeler à tous qu’il est grand temps de se préparer à une cure d’austérité. L’État doit donner l’exemple en réduisant son train de vie.

Le président de la République est monté au créneau à travers son message à l’occasion de l’anniversaire du 1er novembre 54, dans lequel il souligne la gravité de la crise et appelle les Algériens à partager les efforts dans cette situation difficile. Auparavant, il avait déjà souligné la gravité de la situation en invitant la nation et les institutions à la prudence. Tous les citoyens savent que le mode de gouvernance dans notre pays a favorisé la frénésie dispendieuse des institutions et responsables de l’État. Le Premier ministre pour sa part aurait instruit les membres du gouvernement afin “de réduire au maximum leur train de vie, de s’abstenir de créer toute nouvelle Epic, de baisser la cadence des journées d’étude, séminaires et autres manifestations budgétivores”. On sait par ailleurs que le gouvernement a décidé de geler le recrutement dans la fonction publique et le report de certains projets d’infrastructures dont l’immédiateté n’est pas avérée. Comme on sait que l’abrogation de l’article 87 bis est maintenue avec toutes les incidences financières que cela suppose, d’autant que les transferts sociaux dépassent le seuil du raisonnable. De même que les subventions des biens de large consommation. Entre-temps, les importations continuent leur ascension, que l’informel revient en force et qu’il est pratiquement impossible d’endiguer l’évasion fiscale ainsi que la fuite de capitaux. À ces effets pervers, liés en grande partie à l’absence, voire au laxisme de l’État par l’abandon de ses fonctions régaliennes d’encadrement et de régulation de l’économie, viennent s’ajouter la corruption et la dilapidation des deniers publics. Mais il n’y a pas que cela. En ces temps de crise, certains responsables veulent maintenir leurs privilèges arguant du fait que ces “avantages” sont liés à l’exercice de leurs fonctions. Le train de vie de l’État, ce sont aussi les parcs véhicules des ministères, de la présidence de la République, des deux chambres du parlement et des entreprises publiques et autres institutions dont l’utilité reste à prouver. Les frais de leur maintenance et de leur consommation inouïe du carburant pèsent lourdement sur le budget de l’État. Les somptueuses résidences d’État dans la capitale et les wilayas ainsi que tout le patrimoine immobilier en Europe et particulièrement en France, sans omettre, bien évidemment, le faste des réceptions de nos représentations diplomatiques à l’étranger lors d’événements nationaux. À toutes ces dépenses, il faut ajouter les nombreux avantages accordés aux ministres, aux députés, aux sénateurs et autres hauts responsables de l’État à travers des décrets non publiables.
Rappelons-nous, lorsque l’Espagne, l’Italie et la Grèce ont connu leur crise, ces États ont procédé à la diminution des salaires des hauts fonctionnaires et des travailleurs de la fonction publique. Les ministres ont, par esprit de solidarité citoyenne, consenti volontairement à se délester d’une part importante de leurs avantages. Et dire que nos parlementaires par ces temps de disette ne se préoccupent que de leur statut et poussent l’outrecuidance jusqu’à revendiquer des revalorisations de leur rémunération qui frise déjà l’indécence. En vérité, toutes ces anomalies ne sont que la partie visible de l’iceberg, tant le pays est géré dans une grande opacité et tant les tenants du pouvoir demeurent agrippés au système rentier.

A. H.


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