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Économie / Dossier economique

Brahim Hasnaoui, entrepreneur

“Le marché du bâtiment est désorganisé.”

Il convient d‘engager en urgence la réforme de la branche BTP.

Lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la tenue du salon Batimatec, Brahim Hasnaoui, P-DG du groupe des sociétés Hasnaoui (GSH), a dressé une série de constats sur la situation du secteur du bâtiment et formulé plusieurs suggestions en vue d’améliorer l’efficacité de la construction en Algérie. Les dix pistes de mise à niveau du secteur du bâtiment (*) :

1. Bureaux d’études :
Il est l’un des indices de la désorganisation du marché du bâtiment. Les études de manière générale sont effectuées dans la la précipitation. Leur durée peut atteindre six mois alors qu’il faut un minimum d’un an à deux ans pour une étude sérieuse. Cette dernière doit prévoir le moindre détail. Une fois réalisée cette étude minutieuse, on ne réfléchit plus, on exécute. Par là, on évite les retards dans la livraison des logements et les réévaluations. Or, aujourd’hui, ces études, peu détaillées dans de nombreux cas, sont à l’origine des glissements répétitifs dans le planning des travaux et des surcoûts dus à des travaux supplémentaires ou correctifs qu’on n’avait pas prévu dans l’étude initiale. Selon Brahim Hasnaoui, on reproduit depuis des décennies un système de management de la construction guère efficient avec un maître d’ouvrage, une maitrise d’œuvre et l’entreprise de réalisation dont les relations sont administrées. Il manque dans cette architecture les bureaux d’études spécialisés qui sont chargés d’assurer la coordination entre le maître de l’ouvrage, le bureau d’etudes et la société, et de veiller à la qualité des études, la qualité de la réalisation et le suivi des travaux.

2. Le coût du mètre carré :
L’entrepreneur considère que le référentiel en matière de coût du mètre carré en Algérie est celui d’Alger alors qu’ à Oran, par exemple le  mètre carré est beaucoup moins cher.

3. Débat :
Les remarques de Brahim Hasnaoui concernent l’ouverture d’un débat entre spécialistes, entrepreneurs, architectes, organisations patronales parce qu’elle laissent suggérer que le secteur du bâtiment est malade. Il convient de revoir toute la politique de l’habitat, à en croire Brahim Hasnaoui.

4. Efficacité énergétique :
Le P-DG du groupe GSH a indiqué que son entreprise applique l’isolation thermique des logements construits depuis plus de dix ans qui assure une économie d’énergie par l’installation de fenêtres à double vitrage. Elle est la première société en Algérie à appliquer ce procédé.

5. Financement de l’habitat :
Le mode de financement actuel de l’habitat n’est plus soutenable, d’autant que l’Algérie connaît une crise financière dont l’acuité sera plus ressentie en 2017, avec le risque de l’incapacité de l’État à financer les programmes de logement social, de poursuivre les programmes AADL et LPP en cas de poursuite de la chute des prix du pétrole.En ce sens, le P-DG du groupe préconise la participation du citoyen au financement de son logement. C’est plus efficace parce qu’il n’est plus en situation d’assisté mais impliqué dans le financement de son logement. Il est en un mot responsabilisé. Selon Brahim Hasnaoui, le simple salarié qui touche 20 000 dinars par mois peut s’offrir un logement. Grace à l’implication des banques, il peut contracter un crédit remboursable sur 50 ans. Il versera 5 000 dinars (seulement 5 000 dinars) par mois à la banque. Cette échéance peut varier avec l’évolution du SNMG. Encore faut-il que les banques de la place consentent à proposer ce type de produits et que l’État encourage cette formule.

6. Industrialisation du bâtiment :
L’État prévoit l’installation d’usines de préfabriqué pour accélérer le rythme de réalisation des logements. Cette solution n’est pas appropriée, estime le patron de cette entreprise. Elle est coûteuse. Là, l’État se focalise sur un facteur qui constitue seulement un tiers de la construction, ajoute t-il. Il néglige les corps d’état secondaires (CES) qui en représente les deux tiers. Si on a un tissu entreprises spécialisées dans les CES performantes, on aura gagné en efficacité, réduit les coûts et les délais de livraison, a-t-il argué.

7. Main-d’œuvre qualifiée :
L’absence de main-d’œuvre locale (main-d’œuvre qualifiée) est le principal problème du secteur du bâtiment, soutient Brahim Hasnaoui.

8. Main-d’œuvre étrangère :
L’État permet l’importation de main-d’ouvre chinoise dans les programmes publics de logement avec une part de 30% transférable. “Qu’on (entreprises privées) nous permette d’importer de la main-d’œuvre pakistanaise avec 10% transférable. On sera moins chers” a affirmé Brahim Hasnaoui.

9. Role de l’État :
L’État n’a pas pour rôle de construire les logements, observe le P-DG de GSH. La réalisation des logements relève de l’entreprise privée. Il cite l’exemple de la France où l’État ne construit plus de logements depuis des décennies. C’est l’affaire dans ce pays d’entreprises privées. L’État devrait avoir le rôle de contrôle et de régulation. L’État en Algérie fait tout. Il le fait mal. “Il n’a rien fait pour la mise à niveau des entreprises locales du secteur du bâtiment” ajoute-t-il.

10. Le VRD :
Il est l’indice de la défaillance de l’organisation dans les chantiers en Algérie. Dans de nombreux projets AADL par exemple, les travaux VRD ( réseaux d’assainissement, voirie, raccordements en eau, électricité, gaz) interviennent à l’achèvement du projet. Or, pour Brahim Hasnaoui, les travaux de VRD doivent s’effectuer au démarrage des travaux. Cette désorganisation des chantiers est à l’origine entre autres facteurs des grands retards dans la livraison des logements, notamment AADL. L’urgence est donc dans le secteur de la construction le renforcement et la constitution de sociétés efficientes spécialisées dans les CES.


K. R.
(*) La liste n’est pas exhaustive

 


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