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Économie / Dossier economique

Conjoncture

Les avantages des hauts responsables à l’heure de l’austérité

©Yahia / Archives Liberté

Plusieurs hautes institutions de l’État sont budgétivores.

Le gouvernement, en ces temps de crise, n’a pas osé toucher jusqu’ici aux avantages en particulier des ministres, walis, députés. Énumérons ces privilèges. Cela va du téléphone haut de gamme, au véhicule personnel avec chauffeur pour son épouse, aux traiteurs, indiquent des sources concordantes.
Il faut savoir que dès qu’un ministre est nommé, on lui affecte un véhicule de service, un autre véhicule pour son épouse avec chauffeur, un téléphone portable dernier cri. Toute une cuisine avec traiteurs est à son service au ministère. On décide également de le loger dans la résidence d’État du club des Pins.
“Ces privilèges sont accordés sans aucune base légale. Il n’ y a aucun texte qui fixe ces avantages accordés aux hauts responsables et les conditions de leur utilisation. C’est laissé au pouvoir discrétionnaire des dirigeants du pays qui peuvent décider de les affecter ou de les retirer”, confie un ancien ministre.
On a vu des ministres limogés conserver leur logement dans leur résidence d’État, le véhicule, leur chauffeur, leur garde du corps. D’autres remplacés ont été vite délogés de la résidence du club des Pins. Et leurs avantages retirés. Tout cela relève officiellement du pouvoir discrétionnaire du président de la République du Premier ministre. Les walis, eux, disposent, outre les avantages qu’on vient de citer, de plusieurs résidences d’État, du moins pour certains d’entre eux. Ce qui veut dire qu’il y a tout un personnel payé sur budget de l’État pour des biens immobiliers sous utilisés. Quant aux députés, leur prime de fin de mandature fait scandale. En effet, Ils bénéficient d’une prime de 130 millions de centimes à la fin de leur mandat. Une somme qui leur sera octroyée en dépit de leur absentéisme pour la majorité d’entre eux et de leur performance : aucune loi proposée au cours de cette mandature. “La désaffection des députés pour les travaux de l’APN s’explique. Ils savent que le Parlement n’a pas de pouvoir. Ils sont là pour leur majorité pour approuver les lois présentées par le gouvernement. Le pouvoir est ailleurs : chez le ministre, chez le wali, le chef de daïra”, constate un ancien haut responsable. Tout se passe comme si l’Algérie vit isolément des autres pays de la planète, qu’elle ne veut regarder les bons exemples donnés par de hauts responsables de pays occidentaux.
En l’occurrence “Angela Merkel, la Chancellière allemande qui vit dans sa résidence personnelle, pas aux frais de l’État”, relève l’ancien ministre. Il ajoute que la flotte de véhicules du Parlement dépasse celle des parlements espagnols et allemands réunis. Les modèles ne sont pas seulement étrangers. Lakhdar Brahimi, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, n’avait ni cuisine ni traiteurs dans son département. C’est par la suite que la mode des traiteurs s’est propagée au sein des hautes institutions de l’État. Les hautes institutions budgétivores, hors Parlement, sont aussi pointées du doigt. “La Présidence compte 40 conseillers qui ont rang de ministre. Il n’y en avait que dix auparavant”, confie l’ancien ministre. Les ambassadeurs eux gèrent des biens immobiliers à l’étranger, notamment en France. Les frais de ces résidences, leur gestion relèvent de l’opacité. Ainsi, la haute administration ne veut pas se débarrasser de “sa mauvaise graisse”. Le citoyen, en ces temps de vaches maigres, lui, doit serrer seule la ceinture. Ce qui est fort injuste.

K. R.

Salaires des hauts fonctionnaires
Président de la République : 120 millions de centimes/mois
Premier ministre : entre 50 et 70 millions de centimes/mois
Ministres et conseillers du président  : 30 millions de centimes/mois
Députés : 30 millions de centimes/mois
Ambassadeurs dans les grandes capitales européennes : 12 000 euros/mois.
Wali : plus de 20 millions de centimes/mois


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