Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Économie / Dossier economique

Multitude de projets de montage

Les limites d’une démarche

Acculés par un nouveau cahier des charges qui leur exige de fabriquer des voitures en Algérie, les concessionnaires ne cessent d’annoncer des projets de montages d’automobiles : Volkswagen, Hyundai, Ival, Saipa, Faw, Mercedes ou encore Renault. Ce sont autant de marques de véhicule qui vont s'installer ou sont déjà en place. Face à ces annonces, de nombreux experts et spécialistes sont circonspects sur ces initiatives d’opérations de montage initiées par les concessionnaires automobiles algériens. Selon un de ces experts, “le recours à ces formules constitue en fait une réponse à la limitation des importations de produits finis décidée par les pouvoirs publics. Certes, les avantages fiscaux exceptionnels qu’on leur accorde pourraient donner l’illusion que ces opérations seraient intéressantes. Mais, du point de vue industriel, il n’est pas évident qu’elles soient rentables pour le pays”. Notre interlocuteur estime qu’il n’est pas évident qu’un concessionnaire, aussi grand qu’il soit, puisse du jour au lendemain se transformer en constructeur. Ce sont deux métiers différents qui demandent des moyens et un savoir-faire différent. Par ailleurs, ces projets ne sont en fin de compte que des importations déguisées. Les volumes de production sont très faibles et même Renault n’est qu’à 50 000 unités. Plus explicite, l’expert indique “qu’investir dans une opération de montage place l’investisseur local dans une situation de totale dépendance vis-à-vis du constructeur, ce qui limite considérablement sa marge de manœuvre dans ses relations commerciales avec ce dernier et le place dans une position d’extrême fragilité pour la durabilité de son initiative”. Concernant le taux d’intégration, il souligne que l’idée selon laquelle les usines de montage vont faire venir les sous-traitants est une illusion. La sous-traitance, explique-t-il, n’est pas chose facile et très peu d’industriels sont préparés pour pouvoirs être des sous-traitants efficaces. Pour que ça marche, l’expert estime qu’il faut que les constructeurs soient largement impliqués. “S’ils ne sont pas totalement impliqués, cela ne peut pas marcher. Il faut aussi qu’il ait un volume de production vraiment industriel, autour de 150 000 à 200 000 unités pour qu’il y ait rentabilité. Ensuite éviter les implantations de ces usines dans des endroits qui induisent des coûts logistiques énormes”. Sans cela, nous aurons des petites unités de montage avec une fiscalité qui leur permet d’être viables mais qui n’apportent rien économiquement pour le pays. Ce n’est pas cela qui va générer une véritable industrie automobile  parce qu’on restera à des taux d’intégration extrêmement faibles et le volume d’importation ne va pas baisser, ou très peu. Pour lui, il y a deux illusions. D’abord, cette idée de montage avec des petites quantités et des contrats totalement dissymétriques, et ensuite l’idée d’intégration rapide. Ces opérations bénéficient d’avantages fiscaux extraordinaires. Donc elles ne sont rentables que de façon artificielle. Il faut dire que s’il n’y avait pas ces avantages fiscaux, les opérations ne seraient pas rentables, les volumes de production étant très faibles. Les concessionnaires veulent conserver leur marché algérien, d’autant que ce marché n’a pas encore atteint la saturation. Donc par ce tour de passe-passe à travers ces usines de montage et les avantages fiscaux extraordinaires, ces concessionnaires gardent le pied dans le marché algérien, conclut l’expert.

S. S.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER