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Économie / Dossier economique

Conséquence de la déprécation du dinar

Les salaires s’érodent

Le dinar s’est déprécié de 40% par rapport au dollar américain depuis mars 2014 !

La dépréciation du dinar va certainement annihiler les revalorisations salariales faites en 2011 et en 2012. Conjuguée à d’autres facteurs, elle va conduire à des poussées inflationnistes, nuisibles au pouvoir d’achat des ménages. Adel Si-Bouekaz, spécialiste des questions financières et boursières, est par ailleurs dirigeant du cabinet de conseil Nomad Capital. Il explique, dans une déclaration qu’il nous a faite, qu’une grande partie des produits consommés par les ménages (produits de consommation courante ou biens d’équipements) étant importés sont impactés par le glissement du dinar. Il ajoute toutefois que les consommateurs vont s’adapter à cette situation. La preuve : les prix des véhicules annoncés sont exorbitants (des petites cylindrées à deux millions de dinars), mais, dit-il, cela n’a pas empêché le marché d’enregistrer une large demande solvable qui s’impatiente. Et si la déprécation s’installait dans le temps sous l’effet de la crise ! Il faut dire que le cours du dinar contre les principales devises et monnaies sur le marché interbancaire des changes a beaucoup  flanché. Depuis mai 2014, le dollar a gagné 40% par rapport au dinar. L’euro s’est apprécié de 15% durant la même période. Selon le taux de change officiel, 1 euro vaut près de 120 dinars. Sur le  marché parallèle, la parité a atteint des proportions alarmantes où 1 euro vaut 180 dinars. Comment en est-on arrivé là ? Pour l’expert, ces variations ne sont pas uniformes, le dinar et au plus bas face au dollar, alors qu’il se renforce face à l’euro. Sur le marché informel, les taux de change restent élevés alors qu’on n’est pas dans une période où, traditionnellement, il y a forte demande sur la devise. L’explication serait, avance-t-il, que des gens, craignant une inflation importante en 2017, se mettent à convertir une partie de leurs avoirs en devises ou que des opérateurs, essayant de se prémunir contre les hausses annoncées de la parité, achètent à tour de bras de la devise dont ils auront besoin dans les mois à venir. Si ces variations se poursuivent, avec forte baisse de la valeur de la monnaie nationale, il y aura une déflation sérieuse des salaires préjudiciables pour la consommation, un facteur de croissance comme le sont les exportations ou l’investissement. Ainsi, la demande en pâtirait, et les producteurs ne pourraient pas forcément développer leur business à l’export, estime l’expert. N’y a-t-il vraiment que des inconvénients dans la dépréciation d’une monnaie ? Adel Si-Bouekaz explique que, pour l’Algérie, il n’y a quasiment que des inconvénients. Car, poursuit-il, nous importons tout ce que nous consommons (matières premières, produits courants et produits d’équipement) et nous exportons très peu. Pourtant, relève le dirigeant du cabinet de conseil Nomad Capital, le pays a des atouts : une énergie pas chère, une main-d’œuvre qualifiée et une monnaie faible. L’ensemble de ces éléments devrait susciter de  l’intérêt pour des opérateurs d’investir en Algérie pour ensuite exporter. Mais là se posent d’autres questions dont voici quelques exemples : quelles sont les mesures à prendre  pour améliorer l’écosystème existant ? Quels sont les délais nécessaires pour matérialiser, dans les faits, les résultats des dispositifs d’encouragement à l’investissement ? J’estime, affirme-t-il, que les textes réglementaires sont indispensables mais qu’un changement d’attitude s’impose aussi. Si-Bouekaz rappelle, par ailleurs, l’annonce faite par la Banque centrale, il y a quelques jours, sur la mise en place, début 2017, d’un marché à terme. Un tel mécanisme constituera, selon lui, une “aubaine” pour les producteurs, permettant d’atténuer le risque de change pour la matière première et les équipements.

Y. S.


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