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Économie / Dossier economique

Déficit du budget de l’État

Marges de manœuvre rétrécies

©D. R.

L’état n’a pas touché au budget de fonctionnement.

L’Algérie avait entamé l’année 2015 avec un déficit budgétaire de 4173,3 milliards DA, soit environs 4 milliards d’euros. Un creux qui avait chamboulé toutes les prévisions. Le déficit budgétaire prévu par la loi de finances 2015 était de 48 milliards USD, soit 22% du PIB. Un déficit que le gouvernement, qui a établi cette loi de finances sur la base de l’hypothèse d’un prix de marché du baril à 100 USD, espérait combler à travers l’épargne constituée dans le FRR.
Or ses prévisions ont été contrariées par la chute brutale des prix du pétrole dont le prix moyen devait s’établir à 50 USD en 2015, laquelle a grevé le différentiel devant être versé dans le FRR, et les problèmes n’ont pas tardé à surgir pendant l’exécution du budget.
Cette carence prévisionnelle l’a contraint à geler les projets non engagés et à promulguer une loi de finances modificative avec un lot de coupes budgétaires.
Dans un tel contexte, l'État algérien ne pouvait que baisser son budget global. Ainsi, l’Algérie a élaboré son budget 2016 sur la base d'un baril à 45 dollars et une baisse de 50% des revenus pétroliers. Elle a également mis en place des mesures fiscales pour compenser une partie de cette baisse, a augmenté les prix des carburants et limité les importations.
La LF 2016 a prévu un recul de 9% des dépenses, porté essentiellement par la réduction du budget d'équipement correspondant aux investissements publics de l'État qui enregistre un repli de 18% – confirmant au passage le gel de certains projets annoncés par le gouvernement – contre une diminution de 3% pour le budget de fonctionnement.
Au final, toutes les mesures prises s’apparentent à un coup d’épée dans l’eau. En effet, le déficit budgétaire a atteint, à lui seul, plus de 1326 milliards DA sur les 2 premiers mois de l’année.
Une augmentation de 304% (plus du triple) par rapport à la même période de 2015, selon les chiffres du ministère des Finances.
Un déficit qui flirte avec le montant colossal de 13 milliards de dollars, sur les seuls 2 premiers mois de 2016. Ce déficit exceptionnel est dû au “parachèvement de l’exécution des investissements relevant des programmes de 2014 et 2015”, selon le ministre, cité par l’agence officielle APS.
Ce déficit ne semble pas avoir étonné outre mesure l’expert financier Ferhat Aït Ali, qui estime que les mesures, plutôt les annonces comme il les qualifie, qui ont été faites n’ont rien apporté. Pour rationaliser les dépenses, les pouvoirs publics ont coupé dans le budget d’équipement, alors qu’ils n’ont pas touché aux dépenses de fonctionnement. Une erreur selon l’expert, qui explique que l’équipement génère de la richesse, contrairement au fonctionnement qui lui s’avère un gouffre. Les pouvoirs publics “ont eu des impondérables et ont tout bouffé”. Selon lui, c’est près de 12 milliards ne figurant sur aucun chapitre précis qui ont été bouffés.
Par mauvais calcul, les ministères ont bouffé le surplus et des réaffectations ont été faites en cours d’exercice. Reste que, selon l’expert, ce déficit ne sera pas le même pour les mois à venir, pour la simple raison que ces dépenses semblent avoir un caractère exceptionnel, mais aussi parce qu’à moins de se rattraper sur les mois à venir, il n’y pas de fonds disponibles pour compenser ces genre de déficits. “Il n’y a plus d’argent à puiser.” Ferhat Aït Ali souligne que la situation va se compliquer, d’autant qu’on ne peut plus compter sur le FFR qui ne dispose plus d’excédent et que l’emprunt obligataire semble ne pas constituer la solution. En somme “il n’y a plus de courroie de secours”.

S. S.


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